>
Les Synergistines (ou streptogramines) :
Les synergistines sont des métabolites secondaires à activité antibiotique qui sont produits par certaines espèces de
Streptomyces.
Le groupe des synergistines comprend les
pristinamycines, les
virginiamycines, les
mykamycines et les
oestreomycines.
Ces composés sont classifiés en deux grandes classes :
- le groupe A (ou M) : ce sont des lactones macrocycliques (macrolactones), de masse moléculaire environ 500. (exemples : pristinamycines II et virginiamycines M)
Structure des streptogramines du groupe A
- le groupe B (ou S) : ce sont des hexadepsipeptides cycliques, de masse moléculaire environ 800. (exemples : pristinamycines I et virginiamycines S)
Structure des streptogramines du groupe B
Les pristinamycines : Ces composés naturels constituent un mélange de métabolites secondaires produits par
Streptomyces pristinaespiralis. Les constituants majeurs sont la pristinamycine IA (correspondant à 24-38 % du mélange) et la pristinamycine IB (54-68 % du mélange).
Les virginiamycines : Ces composés naturels constituent un mélange de métabolites secondaires produits par
Streptomyces virginiae.
Les pristinamycines et les virginiamycines naturelles sont des composés très difficilement solubles dans l'eau, ce qui limite fortement leur utilisation en thérapeutique.
La modification chimiques de ces composés de base a permis l'élaboration de composés d'hémi-synthèse solubles dans l'eau, tels
la quinupristine (ou RP 57669) du groupe A et
la dalfopristine (ou RP 54476) appartenant au groupe B.
Structure de la dalfopristine
Structure de la quinupristine
Mode d'action des synergistines :
Une synergistine du groupe A associée à une synergistine du groupe B agissent de manière synergique, ce qui a donné le nom générique .
Les synergistines agissent sur la sous-unité 50 S du ribosome bactérien et interfèrent par deux mécanismes distincts avec le métabolisme de l'ARN : d'une part, elles s'opposent à l'incorporation de l'ARNt au niveau des ribosomes et, d'autre part, elles empêchent la traduction de l'ARNm.
Les composants I et II montrent une synergie marquée : lorsqu'on les associe, on obtient une activité antibiotique plusieurs fois supérieure à celle des composants isolés.
In vitro, une activité optimale est observée pour 30 % de composé de type I et 70 % de II, mais
in vivo, ces proportions s'inversent en raison de la pharmacocinétique défavorable du composant de type II.
En outre, les synergistines présentent une synergie avec les aminoglycosides et la rifampicine.
Les synergistines peuvent être à l'origine d'un phénomène de bactériopause :
in vitro, les bactéries ne recommencent à croître qu'après plusieurs heures lorsqu'on les place dans un milieu dépourvu d'antibiotique, probablement à cause de la liaison persistante du médicament (surtout du composant II) à sa cible.
Les synergistines sont des antibiotiques bactéricides.
La streptogramine :
La streptogramine à proprement parler est en fait un complexe de deux molécules, issu de
Streptomyces graminofaciens . Ce complexe renferme :
- un composé antibiotique :
la streptogramine A, capable d'inhiber la synthèse protéique.
- un composé agissant en synergie :
la streptogramine B, un polypeptide cyclique.
Le terme "streptogramines" se réfère aussi à la famille des synergistines, dont fait partie le complexe streptogramine A + B, décrit ci-dessus.
Bibliographie :
Bonfiglio G, Furneri PM. Novel streptogramin antibiotics.
Expert Opin. Investig. Drugs (2001) vol. 10, p185-198.