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Éléments de Botanique :
Cours de première année de Pharmacie (année 1999-2000) du Pr. M-C. CHALANDRE
UFR de Pharmacie et Ingénierie de la Santé - ANGERS
Cours mis en pages par Damien LANNOY
| Sous-classe des dillenideae : |
( sommaire )
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Introduction
Dans son ensemble, cette sous-classe est caractérisée par son hétérogénéité : en effet aucun caractère est a priori particulièrement propre aux dillenidées. L'étude mettra en évidence plutôt une évolution des caractères.
Sept ordres seront présentés ici :
- Capparales
- Violales
- Théales
- Malvales
- Ericales
- Primulales
- Salicales
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CAPPARALES :
Dans nos régions se trouve une famille importante, aussi bien au niveau quantitatif, qu'au niveau de l'utilité.
Brassicaceae (anciennement Crucifères, latinisé en Cruciferae) :
Cette famille cosmopolite compte 4000 espèces très représentées dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord.
Appareil végétatif :
Le port est herbacé, exclusivement.
Il s'agit en général d'herbes vivaces, annuelles et assez couramment bisannuelles (c'est-à-dire développant la première année l'appareil végétatif, et la deuxième année l'appareil reproducteur).
La tige chez les plantes bisannuelles n'existe pas la 1ère année (plante acaule), elle va apparaître seulement la 2ème année.
La racine est pivotante (ce qui explique la possible combinaison dans les champs avec les graminées) et tubérisée.
Le feuillage est alterne à stipules réduits et caducs, voire même absents (caractère à rapprocher du manque de bractée).
- Composition chimique de l'appareil végétatif :
L'appareil végétatif est toujours riche en essence sulfurée (Il s'agit d'essence, du fait du caractère volatile à température ordinaire. Le terme de " sulfurée " se rapporte à la présence d'atome de soufre chez ces molécules.), d'où la saveur piquante. L'odeur est produite quand il y a rupture et mise au contact de l'enzyme et de l'hétéroside ; l'hétéroside libère alors le produit volatile, si on froisse ou touche.
L'essence est souvent le support de l'utilité médicinale de ces plantes (car le soufre est utile au corps ou aux phanères).
L'utilisation condimentaire est aussi justifiée par cette présence d'essence.
Appareil reproducteur :
Il s'agit de grappes dépourvues de bractée.
Chaque fleur a une structure particulière et universelle.
On a toujours :
- 4 sépales avec deux verticilles de 2 sépales présentés en croix.
- 4 pétales libres aux limbes en croix, inséré à un même cercle.
- 6 étamines de ceux cercles :
- externe : 2 étamines seulement
- interne : 4 étamines aux filets plus longs que les 2 autres.
- Un androcée didyname.
- 2 carpelles soudés avec des placentas pariétaux reliés par une membrane séparant l'ovaire.
L'ovaire est biloculaire, avec fausse cloison reliant les deux bourrelets placentaires. La déhiscence se fait par détachement au niveau des bourrelets, et les graines restent fixées à la cloison.
Le fruit est une silique, particulière aux crucifères (Le fruit peut être nommé silicule s'il a un aspect court et large.).
La forme du fruit, sa longueur, son épaisseur, sa largeur, servent à la reconnaissance des espèces.
Les graines vont se détacher progressivement ; elles sont dépourvues d'albumen, les réserves étant essentiellement d'origine lipidique.
Emploi, classification interne :
- Le colza :
Du colza (Brassica napus, var. oleifera) est extrait une huile (le colza étant une plante oléagineuse). Cette plante a subi de nombreuses améliorations culturales, en vue d'augmenter la quantité d'huile (et de diminuer les molécules "indésirables "), selon le but recherché. L'huile de colza est considéré comme un biocarburant plein d'avenir.
- Les plantes alimentaires :
- Toutes les variétés de " chou ", du genre Brassica.
- Le radis, le navet, le cresson,...
- La moutarde (du genre Sinapis) est employé comme condiment.
La richesse en soufre des crucifères explique l'intérêt médicinal, et son emploi dans diverses préparations de phytothérapie :
- Pour la tonicité des voies respiratoires supérieures.
- Pour les phanères : poils, ongles.
A cet effet on peut utiliser par exemple : l'herbe aux chantres ou sisymbre (du genre Sisymbrium), bon pour les cordes vocales.
- Les plantes à intérêt ornemental :
Giroflée, corbeille d'or (du genre Alyssum), corbeille d'argent (du genre Arabis), monnaie-du-pape, ...
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VIOLALES :
On note :
- La présence de mucilage comme chez les malvales.
- La placentation pariétale, commune aux capparales.
Violaceae :
On trouve des espèces plutôt dans les zones chaudes (1000 espèces) ; il s'agit généralement d'arbres.
Les feuilles sont alternes et stipulées.
Dans l'appareil végétatif, sont présents des cellules à mucilage.
(L'intérêt médicinal des mucilages est un effet calmant, adoucissant sur les tissus lésés ; on les utilise ainsi comme béchiques contre la toux (action sur les bronches irritées), et en baumes cicatrisants).
Appareil reproducteur :
Les fleurs sont solitaires ou en grappe ; elles sont régulières ou zygomorphes éperonnées (l'éperon se situant à la base des sépales et pétales).
La pentamérie domine, sauf au niveau du gynécée (à 3 carpelles).
L'ovaire est uniloculaire.
La placentation est pariétale.
Le fruit est une capsule (cf. la pensée).
Certaines graines possèdent un funicule (c'est-à-dire une excroissance charnue à partir de la vascularisation initiale), alors que la paroi est dure et sèche (Ainsi la dissémination est privilégiée, cette graine paraissant plus appétante, pour des fourmis par exemple).
Il est à noter que chez la violette, on rencontre deux sortes de fleurs :
- aériennes : stériles toujours
- souterraines : non colorées, réduites au gynécée, et qui sont pollinisées par les fourmis qui vont transporter les graines.
Intérêt :
L'intérêt peut être ornemental par quelques espèces (violette, pensée...).
La violette rentre dans la composition des espèces pectorales.
Dans les pays exotiques, on utilise des préparations émollientes incluant des espèces de violaceae, qui contiennent des mucilages.
L'hybantus, appelé "Faux ipéca", possède des racines aux vertus émétiques.
Flacourtiaceae :
Cette famille contient 800 espèces toutes tropicales, dont le port majoritaire est la liane (qui peut être herbacée ou ligneux). on note aussi la présence de cellules à mucilage.
L'intérêt de cette famille réside dans un arbre exotique du genre Hydnocarpus, qui fournit de graines oléagineuses desquelles on extrait l'huile de chaulmoogra. Cette huile a une teneur importante en molécules actives contre les bacilles de la lèpre.
Cucurbitaceae :
Il s'agit d'une famille difficile à placer dans la systématique. Elle est cependant d'une grande homogénéité par divers caractères.
Quelques mille espèces sont décrits ; on les trouve préférentiellement dans les régions chaudes (en Amérique du sud et en Inde), mais une espèce est indigène, dans nos régions : c'est la Bryone dioïque (Bryonia dioica).
Appareil végétatif :
Ce sont généralement des herbes de grande taille, avec souvent un port rampant, possédant des vrilles (intérêt anatomique : la plante va posséder des cellules sensorielles épidermiques à paroi squelettique amincie, lieu de stimulus quand il y a contact). Ces vrilles s'enroulent autour du support. Ces plantes seraient plus ou moins douées d'une ponctuation tactile.
Le feuillage est alterne et palmatinerve ; les stipules sont absents.
Les feuilles, particulières, sont d'aspect rugueux, désagréable, du fait de la présence de cystolithes (étymologiquement : " Cellules de pierre "), qui contiennent des concrétions de sel solide de carbonate de calcium. En plus du silice imprègne, en plus de la cutine, la cuticule de l'épiderme (ce feuillage servirait à se protéger contre le broutage d'animaux...).
Appareil reproducteur :
Les fleurs sont généralement unisexuées, même si les plantes sont en général monoïques (sauf le B. dioïca), car les fleurs mâles et femelles sont portées par le même individu. Cette unisexualité n'est pas liée à l'anémophilie ; en effet les fleurs sont de grande taille et très colorées : la fécondation se fait par pollinisation entomophile.
L'inflorescence que l'on rencontre dans cette famille est la cyme ; on note aussi pas mal d'espèces aux fleurs isolées.
La fleur est régulière et pentamère (sauf pour le gynécée chez les fleurs femelles).
Le périanthe comprend 5 sépales ainsi que 5 pétales souvent soudés (gamopétales).
- Chez les fleurs mâles, on a une concrescence courante des étamines (le pistil est non fonctionnel).
- Chez les fleurs femelles, le gynécée est constitué de 3 carpelles formant un ovaire infère, qui donnera un fruit particulier, appelé péponide. Les étamines se présentent sous forme de staminodes.
Le péponide est une baie cortiquée, c'est-à-dire un fruit à épicarpe plus ou moins dur, à moitié sec (car cutinisé). Exemple : la calebasse.
Le fruit peut être parthénocarpique, c'est à dire qu'il peut se développer sans même avoir été fécondé (c'est pourquoi on ne trouve pas de graine à l'intérieur)
La placentation est pariétale, avec des placentas hypertrophiés, qui viennent près l'un de l'autre ; à regarder une coupe d'ovaire ou de fruit (un melon coupé transversalement, par exemple) on a l'illusion d'une placentation axile. Cette simulation vient des bourrelets placentaires en fait proéminents.
La graine est exalbuminée. Elle peut parfois être comestible.
L'embryon est riche en lipide (d'où la possibilité d'en extraire une huile).
L'intérêt des cucurbitaceae est généralement alimentaire : cf. le concombre, le potiron, la citrouille, la pastèque, le melon,...
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THEALES (ou encore appelé guttiférales) :
Il s'agit d'un ordre central chez les dillenideae, petit par la taille.
Les graines sont exalbuminées. L'ovaire est généralement axile.
Théacée :
Cette famille exotique, tropicale / sub-tropicale comprend 500 espèces, dont le port largement dominant est l'arbuste.
Les feuilles sont simples, alternes, dépourvues de stipule.
La fleur est pentamère et hermaphrodite. L'ovaire est supère à placentation axile (gamocarpellé, pluriloculaire).
Le fruit est une capsule sèche.
Plante d'intérêt, le théier (Thea sinensis) est originaire du sud-est asiatique. Cette plante, qui fournit le thé,une des boissons les plus consommés dans le monde, est naturellement riche en bases puriques (Comme le café, le cacao, le maté...) tels que :
- La caféine.
- La théobromine.
Ces bases puriques vont donner les effets stimulants (voire toxiques à haute dose). D'autres produits fournissent l'arôme.
On note plusieurs variétés de thé :
- Le thé vert : c'est la feuille cueillie à maturité et séchée qui est infusée (feuille plus " naturelle ", peu modifiée, non traitée)
- Le thé noir : la feuille infusée a subi un séchage et une fermentation. Ces deux opérations vont lui conférer l'aromaticité, et surtout une très bonne conservation pour l'exportation (puisque le théier est quasi-exclusivement cultivé dans l'Asie du sud-est).
Le camélia (du genre Camellia) que l'on cultive dans nos régions est d'aspect assez proche du théier. Il est employé à des fins ornementales.
Gutiffères :
Cette famille est également appelée Hypericaceae ou Gutifferae (Guttiferae signifie " je porte une résine ").
Cette famille, qui compte 1000 espèces, est rencontrée dans les pays chauds, sous toutes les formes végétatives : herbe, arbuste, plante aquatique, épiphyte,...
L'anatomie est caractérisée par la présence d'appareil schizolysigène, sécreteur de résines-gommes ou d'huile essentielle.
Appareil reproducteur :
Le périanthe est commun.
La partie proprement reproductrice de la fleur subit une re-multiplication de ses pièces ; ainsi :
- L'androcée est souvent méristémone.
- Le gynécée est en général pluricarpellé.
L'ovaire est à placentation axile, et la graine est exalbuminée (caractères évolués).
Intérêt :
Le millepertuis (Hypericum perforatum) est une plante à fleur jaune avec un androcée méristémone.
Les feuilles présentent un aspect ponctué dû à la présence de glandes sécrétrices (poches schizolysigènes) non chlorophylliennes et donc visibles dans l'épaisseur des limbes.
Cette plante présente des vertus apaisantes, cicatrisantes.
N Attention : Cette plante contient une substance photo-dynamisante extrêmement sensible à la lumière, appelée hypéricine. Cette substance va intensifier la réaction à la lumière (et peut rendre la peau photo-sensibilisante, d'où l'irritation de l'épiderme).
Dans les régions chaudes, des plantes de cette famille donnent des baumes et autres produits intégrés dans les préparations diverses.
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MALVALES :
Cet ordre contient de nombreuses familles très homogènes. Cependant on note quelques caractères communs à toutes les familles :
- Les plantes sont généralement ligneuses, avec un feuillage alterne et stipulé.
- Les fleurs sont pentamères, régulières, hermaphrodites, cycliques.
- L'ovaire est gamocarpellé, supère à placentation axile.
- On note de nombreuses espèces contenant des mucilages et / ou des fibres et poches cellulosiques.
Malvaceae :
Cette famille tire son nom du genre Malva ; elle contient 1500 espèces cosmopolites, au port varié (arbres et arbustes dans les pays chauds, herbes dans les pays tempérés).
Les feuilles sont généralement palmatinerves, et lobées : elles sont dites palmatilobées.
Dans les cellules, on rencontre fréquemment des poches à mucilages.
On note une grande abondance de fibres cellulosiques (dans le phloème) et de poils cellulosiques (au niveau de l'épiderme).
Appareil reproducteur :
Les fleurs se présentent soit en cyme ou sont solitaires.
Le périanthe est pentamère (avec 5 sépales et 5 pétales), avec en général :
- Une calicule de 3 pièces qui double le calice (qui provient de la condensation des bractées).
- Une corolle de 5 pièces libres parfois soudés à la base, et même parfois une soudure avec le tube staminal (l'androcée est dit " corolliflore").
Ce tube staminal, typique des malvales, formé par la soudure des filets des étamines, entoure un style ; celui-ci se retrouve protégé et enfermé dans le tube. Les stigmates sont plus développés pour dépasser du tube.
Le gynécée à plusieurs loges (une dizaine) est dit pluriloculaire.
Le fruit sec est une capsule.
Il peut être plus original ; issu de la schizocarpie, la délamination de la capsule et la séparation des loges conduit à l'obtention de méricarpes, qui sont alors des akènes (exemple : la rose trémière).
Le calice peut être marcescent sur le fruit.
La graine est exalbuminée.
Exemples - intérêts :
- La mauve et la guimauve :
La mauve (Malva sylvestris) possède des vertus expectorantes et cicatrisantes grâce aux mucilages.
La guimauve (Althea officinalis) pousse le long des cours d'eau. La grande douceur des feuilles provient de la richesse de l'épiderme en poils cellulosiques.
La racine fournit des mucilages à qualité adoucissante. Il s'agit de la plante la plus riche en mucilage.
Cette plante permet la fabrication de marshmallows.
- Le cotonnier :
Le cotonnier (du genre Gossypium) est une plante d'une importance économique non négligeable. Ainsi, plus de 20 millions de tonnes de coton sont produits chaque année.
On note 2 usages pour cette plante :
- Le fruit du cotonnier est une capsule non schizocarpique : elle libère de nombreuses graines dont la surface est recouverte de poils cellulosiques de cellules mortes (les poils mesurent jusqu'à 4 cm).
- La graine est riche à la fois en lipides (exploitable en industrie ou en usage alimentaire) et en protéines (ce qui est rare, et qui justifie un potentiel usage alimentaire).
L'huile que l'on extrait de cette graine contient aussi un poison, le gossypol, d'où la nécessité de purifier.
A partir de 4 espèces, on obtient de nombreux hybrides très cultivés (dont la " formule " est déterminée selon les caractères que l'on souhaite développer). La culture de cette plante nécessite :
- Un climat chaud
- Une terre riche, et bien irriguée.
C'est une plante très épuisante pour le sol, qui nécessite beaucoup d'engrais et beaucoup de pesticides. Les pays producteurs, la Chine, L'Inde, le Pakistan, les USA, parfois pauvres, appauvrissent les sols, sans récupérer nécessairement les sous-produits du coton (graines qui fournissent huiles ou tourteau riche en protéine, pour les bovidés).
Enfin cette plante présente une particularité botanique : les fleurs s'épanouissent blanches/crèmes et deviennent rouges avec le temps.
L'hibiscus ou rose de chine présente un intérêt uniquement horticole.
Le genre Sida présent en Afrique comporte quelques espèces utilisées dans les médications locales.
Tiliaceae :
On peut comprendre les tiliaceae comme des malvaceae ligneux.
Généralités :
Le port dominant est l'arbre (ou la liane) qui croît principalement dans les zones tropicales (sauf le Tilleul, représentant indigène de cette famille tropicale).
L'écorce est souvent lisse, et se détache en fines lanières, d'où l'on obtient des fibres.
Souvent se développent des poils épidermiques étoilés.
Les plantes contiennent souvent des mucilages, aux vertus apaisantes.
Appareil reproducteur :
Les fleurs sont pentamères :
- Le périanthe est composé de 5 sépales et de 5 pétales.
- L'androcée est modifié, avec une gamostémonie partielle ; les étamines vont former une espèce de lame (staminode pétaloïde) où l'on trouve 5 paquets qui s'organisent autour du gynécée (qui est supère à long style). Les étamines sont souvent soudées à la base.
Le fruit est une capsule ou une drupe fibreuse, c'est à dire assez coriace.
Intérêts :
- Le tilleul (Tilia cordata) :
Les inflorescences donnent une drogue consommée en tisane, qui a des vertus calmantes, adoucissantes.
- Le jute :
Nom d'une toile fabriquée à partir de l'appareil végétatif de nombreuses et diverses tiliaceae.
Les fibres sont extraites de l'écorce.
Sterculiaceae :
On compte environ 1000 espèces dans cette famille ; très généralement le port dominant est ligneux.
Appareil végétatif :
Les feuilles sont palmatilobées et en général composées. Le feuillage est de disposition alterne.
On note la présence de poils épidermiques étoilés sur la face inférieure des feuilles.
Appareil reproducteur :
Les fleurs mâles et femelles sont différentes. En effet les fleurs sont unisexuées mais la plante est monoïque.
La pentamérie domine. Dans les 2 cas, à la base de la fleur se forme un androgynophore.
- Chez les fleurs femelles, les étamines soudées forment un tube staminal (les étamines sont stériles alors). Le gynécée est soudé au tube staminal.
- Chez les fleurs mâles, l'ensemble fonctionne comme un androcée ; de l'extrémité du tube ressortent les étamines.
La tendance à la concrescence et les soudures sur les fleurs de ces plantes entraîne souvent une baisse de la fertilité.
Le fruit obtenu subit souvent la schizocarpie. Ainsi le fruit va s'ouvrir par " lames " vers l'extérieur. Chaque partie donne un fruit.
Intérêts :
2 genres exotiques sont étudiées :
- Le genre Kola qui comprend le kolatier.
- Le genre Théobroma qui comprend le cacaoyer.
- Le genre Kola :
Les plantes du genre Kola sont d'origine africaine, de la forêt tropicale ou équatoriale. Le Kolatier ou colatier (arbre) fournit la noix de Cola.
Cette noix de cola est en fait l'embryon très volumineux, décortiqué de la graine exalbuminée.
Cet embryon possède 2 à 5 cotylédons.
La noix de cola a des propriétés toniques et stimulantes dues à la richesse en caféine et en autres bases puriques (à l'état de trace, comme la théobromine et la théophylline).
Les polyphénols aussi contenus sont utilisés comme colorant rouge indélébile.
La graine aussi peut être consommée ; elle est utilisable pour fabriquer des sirops, extraits (cf. le Coca-Cola).
- Le genre Théobroma :
Le cacaoyer est originaire d'Amérique centrale. Il s'agit d'un arbre de taille moyenne appartenant au genre théobroma (arbre d'ombre) qui présente quelques caractéristiques :
Il représente un exemple de cauliflorie, c'est à dire qui fleurissent sur le tronc et les branches assez âgées et non sur les branches de l'année. Cette disposition des fleurs et la diminution d'accessibilité entraîne une perte de fertilité des fleurs.
Le fruit est la cabosse, c'est-à-dire une baie multiséminée de grande taille, oblongue, cannelée. A l'intérieur de la cabosse se trouvent 30 à 40 grosses graines appelées fèves de cacao.
Un autre obstacle à la dissémination de l'espèce vient de la cabosse ; en effet celle-ci est charnue mais elle se détache mal du tronc et ne se décompose pas très vite, libérant " mal " ses graines.
Les graines mises à fermenter sont séchées et livrées aux chocolatiers. On en extrait :
- Le cacao, qui donne le chocolat.
- Le beurre de cacao (50% de la graine) de couleur blanc-crème qui sert d'excipient, notamment auparavant dans les suppositoires.
Les graines contiennent 2 bases puriques, la caféine et la théobromine, à effet tonique. Ces graines possèdent aussi un caractère aromatique.
La production mondiale de cacao atteint environ 3 millions de tonnes par an (grande importance économique de cette plante, maintenant cultivée bien au-delà de l'Amérique centrale...).
Le beurre de cacao est aujourd'hui remplacé par des dérivés de synthèse moins allergisants et plus faciles à manipuler.
- Les espèces utilisées pour leurs bois d'œuvre présentent un caractère dur, tenace. Citons : le samba, le niango...
Bombaceae :
Ce sont des espèces équatoriales et tropicales surtout.
Le port est ligneux, particulièrement remarquable avec des troncs très développés et épais (cf. le baobab, le fromager, ...). Il faut comprendre l'épaisseur du tronc comme :
- Une adaptation à la sécheresse, pour protéger les circulations de sève (surtout de sève brute).
- Un moyen de faire des réserves.
Les feuilles sont composées-palmées.
Les fleurs sont très grandes et très voyantes. Le calice est recroquevillé. L'androcée est organisé en tube staminal. Celui-ci porte de nombreuses étamines au sommet du tube (androcée plus ou moins méristémone).
La pollinisation des fleurs se fait par les chauves-souris.
Le fruit charnu est une baie (comestible chez le baobab).
Une espèce présente un intérêt par son fruit : le kapok produit des capsules dont les graines sont enrobées dans une fourrure végétale fixée à l'intérieur de la capsule (et non sur les graines). Ainsi ces " poils " fixés à l'endocarpe fournissent des fibres non textiles (car impossible à filer) mais utilisées pour le rembourrage.
Dans cette famille les bois sont en général tendres, légers et faciles à travailler, et sont utilisés pour des objets légers (caisserie légère, maquettes, ...). Citons : le balsa.
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ERICALES :
Ericaceae :
Le nom provient de Erica, nom du genre des bruyères et callunes.
On compte 2500 espèces évoluant en climat tempéré. Ces plantes craignent la chaleur ; on les trouve dans les régions chaudes en altitude.
Dans cette famille, se côtoient des caractères évolués et archaïques.
Appareil végétatif :
Ces plantes sont les plantes de "terres de bruyères", dans le langage horticole. Pour pousser, ces plantes ont besoin de sol très acide (de pH voisin de 4) ; elles se décomposent en un humus très acide (qui entretient ainsi le sol).
Ce sont généralement des arbustes au port très particulier, rameux, c'est-à-dire en branches très ramifiées. Ce port éricoïde caractérise les éricacées.
Ce sont des plantes abondamment mycorhizées au niveau des racines (symbiose avec un champignon qui évolue en milieu acide).
Les vaisseaux transporteurs de sève brute sont des vaisseaux scalariformes, c'est-à-dire des vaisseaux très archaïques (déjà présents chez les fougères et autres ptéridophytes).
Le feuillage est alterne, parfois verticille. Les feuilles sont souvent étroites et en général enroulées sur l'axe. Cet enroulement est une adaptation au froid, gel, et vent, c'est-à-dire à toutes sortes de variations brutales de température.
Appareil reproducteur :
Les fleurs sont généralement pentamères ou tétramères, et sont régulières :
Le calice gamosépale (plus ou moins soudé) est marcescent voire accrescent.
La corolle est toujours gamopétale.
L'androcée obdiplostémone n'est quasiment jamais corolliflore (même si la corolle est gamopétale) (Corolliflore signifie que la corolle est soudée à l'androcée. En général, une corolle soudée (gamopétale) s'accompagne de soudure avec l'androcée, notamment chez les espèces très évoluées (cf. asterideae).).
La déhiscence est poricide. Les anthères sont renversées, comme " basculées ", ce qui forme 2 appendices, comme des " cornes ".
L'ovaire est supère (sauf chez la myrtille, où l'ovaire est infère).
La placentation est axile (il semble que ce soit l'aboutissement de la placentation des cucurbitaceae).
Le fruit est une capsule, une drupe ou une baie (multiséminé) ; la graine est exalbuminée.
Classification interne :
On divise cette famille en 4 sous-familles :
- Rhododendroïdée :
Cette sous-famille contient le Rhododendron et l'Azalée. Ces plantes sont largement utilisées en horticulture.
Les fruits sont des capsules. Ce sont des plantes toxiques, mais peu appétantes ; les abeilles qui les butinent produiront un miel toxique (plantes non mellifères).
A noter que le rhododendron est une plante originaire de l'Himalaya.
- Bruyères - Callunes :
Ce sont des espèces mellifères (non toxiques), qui sont employées en médecine populaire comme antiseptique urinaire.
La callune est rencontrée en Afrique du sud.
- Myrtilles :
La myrtille est la baie du myrtillier ; cette baie vient de l'évolution de l'ovaire infère.
La richesse en anthocyane donne la couleur aux fruits.
- Arbousier :
Cet arbuste qui pousse dans les maquis fournit des fruits (charnus) consommables, mais fades.
Cette plante porte ses fleurs et ses fruits en même temps, car la maturation des fruits est longue.
L'intérêt médicinal de cette plante provient de son activité sur la sphère urinaire, en particulier dans le traitement de la cystite.
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PRIMULALES :
La placentation centrale fait parfois classer cette plante dans la sous-classe des caryophyllideae.
Primulaceae :
Ce sont des herbes cosmopolites, présentes très souvent en Himalaya.
Les plantes de cette famille sont vivaces par des bulbes ou des rhizomes. Le rameau est très court, ce qui donne l'impression d'une plante quasi-acaule (avec une tige souterraine).
L'inflorescence est une grappe (et non une cyme comme chez les caryophyllideae) :
Les fleurs sont pentamères, hermaphrodites et en général gamopétales.
Les étamines sont corolliflores ; le gynécée est constitué de 5 carpelles soudés et présente une placentation centrale.
On observe souvent dans cette famille le phénomène d'hétérostylie. On peut ainsi trouver des individus à style très court, et d'autres à style au-dessus des anthères.
Le fruit est une capsule ; la graine est albuminée.
Intérêts :
Les représentants de cette famille sont souvent employés en horticulture ; citons :
- La primevère
- Le cyclamen
- Le mouron rouge ou Anagallis arvensis, plante très toxique notamment pour les lapins. A ne pas confondre avec le mouron blanc (qui appartient aux caryophyllacée).
Aucune plante n'a un usage pharmaceutique.
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SALICALES :
On plaçait auparavant cet ordre dans les hamamélidées, du fait de la présence de chatons et des feuilles caduques. Ils ont été déplacés du fait de caractères plutôt évolués et non accessibles au niveau macroscopique :
- Gynécée évolué
- Entomophilie des saules
- Vaisseaux plus évolués que chez les "amentifères".
Cet ordre est réduit aux salicaceae.
Salicaceae :
C'est la famille du saule.
Il s'agit d'un taxon très jeune ; les espèces sont très proches les unes des autres, on peut facilement les hybrider, ...
On compte une centaine d'espèces localisées surtout l'hémisphère Nord.
Appareil végétatif :
Ce sont des arbres ou des arbustes, qui peuvent être petits, mais qui sont toujours ligneux.
Les feuilles sont petites, toujours de disposition alterne.
Appareil végétatif :
L'inflorescence est unisexuée, en chaton. Les espèces sont cependant toujours dioïques (Un même individu porte des chatons males et des chatons femelles.).
A première vue les fleurs semblent constituées sur un modèle anémophile, avec des fleurs apérianthées, petites et regroupées. Cependant la présence de nectaires par exemple nous montre que la pollinisation est bien entomophile.
La placentation du gynécée est pariétale.
Le fruit est une capsule avec des graines exalbuminées, souvent munie d'un duvet cotonneux (non filable) ; par exemple, les fleurs femelles du peuplier développeront une " ouate " particulièrement abondante et de couleur grisâtre.
Intérêt - Classification interne :
- Le saule :
Les saules poussent dans les zones humides ; ils servent alors à drainer et à assécher des sols.
De cette plante, on a extrait l'acide salicylique qui, salicylé, donne l'aspirine. Cela explique l'intérêt médicinal des décoctions de l'écorce ou des feuilles de cette plante, comme fébrifuge et antipyrétique.
- Le peuplier :
Du genre Populus, cet arbre à la croissance accélérée donne un bois d'œuvre (pour la fabrication de caisseries légères, d'alumettes, ...) qui justifie son importance économique.
Pistes de conclusion :
Il s'agit d'une sous-classe assez hétérogène et diversifiée, où de taxons en taxons, les caractères s'enchaînent ; ainsi, la placentation pariétale évolue vers la placentation axile.
En chimie, on note la présence d'appareils sécréteurs, de mucilages, ... Chez les crucifères, on trouve des essences soufrées.
De nombreuses contiennent dans diverses parties de leur appareil végétatif des fibres : cf. le coton et les fibres exotiques.
Les graines ont souvent riches en lipide et rarement amylacées :
- Gamme d'huile très vaste chez le colza.
- Huile industrielle ; exemple : huile de coton.
- Huile médicinale ; exemple : huile de Chaulmoogra.
Même si les ordres sont assez dissemblables, ils ont néanmoins des caractères communs.
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