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Éléments de Botanique :

Cours de première année de Pharmacie (année 1999-2000) du Pr. M-C. CHALANDRE
UFR de Pharmacie et Ingénierie de la Santé - ANGERS
Cours mis en pages par Damien LANNOY

Sous-classe des rosideae : ( sommaire )


Introduction :

Ce grand groupe, composé de 60 000 espèces, dérivant des magnoliideae ( mais qui n'en a pas conservé les caractères les plus primitifs ) est présent dans tous les biotopes mais il ne forme jamais le fond de flore dominant.


Une certaine cohérence règne dans cette sous-classe, et ce, par quelques gros caractères dominants :
- La zygomorphie est de plus en plus fréquente, avec déformation de la corolle généralement.
- L'ovaire infère est plus fréquent.
- Généralisation de la placentation axile.
- Anatomiquement, le xylème est très évolué, avec des trachées.

Quelques caractères contrastent avec les caractères évolués.
- La gamopétalie est rare chez les rosideae.
- La graine est encore albuminée.


En général on note une grande variation et une évolution des caractères. Ainsi le port est variable ( herbacée, arbuste, cactacée,... ) : il est capable de s'adapter au milieu. Les feuilles sont à l'origine composé et penné, mais elles tendent à devenir simples ( avec tous les intermédiaires entre ) .

Chimiquement, les rosideae peuvent contenir :
- Tanins
- Alcaloïdes ( non isoquinoléiques )
- Hétérosides, notamment cyanogènes.
- Autres sécrétions secondaires pouvant être intéressant en pharmacie.

Pour l'appareil reproducteur :
- Les espèces sont très généralement entomophiles.
- La corolle évolue vers la zygomorphie ; cependant la gamopétalie est rare.
- L'androcée est fréquemment méristémone.
- Le gynécée s'enfonce dans le réceptacle ; d'abord non adhérent, il évolue tout au long de cette sous-classe pour devenir adhérent ; le réceptacle est alors dit caliciflore.

ROSALES :

La famille des rosaceae, représentative, est fréquemment rencontrée dans nos régions.
Le réceptacle est généralement creusé ( caliciflore ) avec une tendance au refermement.
La méristémonie de l'androcée est constante ( plus évolué ), avec de nombreuses étamines.

Rosaceae :

On compte plus de 3 000 espèces et une centaine de genres. C'est une famille bien représentée dans l' Hémisphère Nord tempéré ( jamais dans les régions désertiques car ces plantes ont besoin d'une hydratation correcte ) .

Appareil végétatif :

Le port est très variable : il peut être ligneux de petite taille, herbe, liane, rampant,...

Souvent les végétaux sont épineux. Les épines ont une origine variée : il peut s'agir :
- de rameaux transformés ( exemple : le prunellier )
- de poils épidermiques modifiés ( ex. : ronce-rosier )
- d'aiguilles de stipule transformé.

Le feuillage est toujours alterne stipulé ; d'ailleurs, le stipule participe à l'organisation de la feuille.

Chimiquement dans cette famille :
- Les tanins sont toujours présents, et confère aux rosaceae leur intérêt médicinal.
- Présence d'huile essentielle.
- Hétérosides :
     - de type saponoside ( le plus souvent ).
     - de type cyanogène ( potentiellement toxique, mais ces plantes sont rarement toxiques ; ces hétérosides donnent l'odeur d'amande amère, en l'occurrence quand on écrase les graines de rosaceae ).

"Les graines d'abricot, de pêche ou de cerise contiennent du cyanure, mais leurs noyaux sont difficiles à briser et il faudrait en ingérer une bonne vingtaine avant d'être incommodé. Les quelques cas connus d'intoxication par des graines de noyau d'abricot sont dus à des absorptions volontaires par des pratiquants de médecines alternatives qui croyaient, à tort, que ces noyaux possédaient des vertus anti-tumorales." Jean BRUNETON, professeur de pharmacognosie à l'UFR PHARMACIE Angers ; cité dans Euréka : 100 questions de sciences (1999)

Appareil reproducteur :

A la base, l'inflorescence est une grappe, voire un corymbe ( cf. le poirier, dont les fleurs sont organisées selon un corymbe particulièrement représentatif ).
Les fleurs sont cyclisées, hermaphrodites et régulières. Elles sont habituellement pentamères et posées sur un réceptacle caliciflore.

Organisation générale d'une fleur de rosaceae :
- Le calice est souvent doublé d'un calicule de 3 ou 5 pièces.
- La corolle est composées de 5 pétales libres ( avec possibilité de dédoublement, notamment en horticulture ) .
- L'androcée est méristémone ( souvent multiple de 5 ) .
- Le gynécée est variable ( cf. doc. Tendances évolutives des fruits des rosaceae).

On note dans l'évolution l'augmentation du nombre de carpelles et une baisse du nombre d'ovules. Le gynophore ( provenant de l'évolution et du développement du réceptacle floral ) peut se développer pour devenir proéminent, comme chez la fraise.
On observe un creusement du réceptacle avec le carpelle se soudant avec le réceptacle.

Le fruit est une baie, une drupe, un akène ; le fruit du rosier est le cynorrhodon.
La graine est en général très peu albuminé, voire exalbuminé.


Intérêt et classification interne :

Les rosideae sont divisés en 4 sous-familles :


- Prunoïdés :

Ce sont les arbres fruitiers à noyau ( c'est à dire à drupe ), donc à fruit souvent comestible.
On trouve : le genre Prunus : Prunier, Abricotier, Amandier,...


- Pomoïdés :

Ce sont les arbres fruitiers à pépin, regroupés autour du genre Malus ( Pommier ) et du genre Pyrus ( Poirier ).
On compte aussi les Cognassiers.


- Rosoïdés :

Ce sont des plantes vivaces ; on trouve :
- Comme arbustes : le Rosier ( du genre Rosa ), le Ronciers, framboisiers, ...
- Comme herbacée : le Fraisier ( remarquable par son stolon ) et la Potentille.


- Spiroïdés :

Ce sont des arbustes ou des herbes vivaces, qui sont souvent sauvages avec un intérêt médicinal populaire. On trouve : la Benoîte, l'aigremoine...

La seule plante chez les rosaceae à intérêt médicinal est le Laurier-cerise ( Prunus laurocerasus ) qui est un arbuste en haie, à feuilles oblongues, persistantes et simples.
Cette plante est riche en hétéroside cyanogène, notamment dans les feuilles. On l'utilise en eau distillée, pour ses vertus antispasmodiques et calmantes.
Les fruits noirs comestibles sont dépourvus dans la partie charnue d'hétéroside sauf dans la graine.


Les arbres fruitiers présentent un intérêt économique majeur ( 43 millions de tonnes de pommes sont produits tous les ans !) ; tous ces " stone fruits " ( fruits à pépin ) sont également souvent riches en vitamine.
- La fraise est riche en vitamine C.
- La pomme et l'abricot sont riches en vitamine A.
- La pêche est riche en Vitamine A et C.


En usage médicinal populaire et en phytothérapie : notons l'usage (dû à la présence d'hétérosides et de tanins ) :
- La Reine-des-prés ( Filipendula ulmaria ) .
Ses boutons floraux contiennent de l'acide salicylique, d'où ses effets faiblement antalgiques et anti-inflammatoire ( intéressant contre les rhumatismes ).
- L'Aigremoine ( Agrimonia eupatoria ).
- La Benoîte ( Geum urbanum ) .


FABALES :

Cette famille est représentée par 15 000 espèces (2ème rang derrière les poaceae, mais 1ère sur le plan de l'intérêt.), avec 3 familles d'importance inégale :
- mimosaceae
- cesalpinaceae
- fabaceae avec 12 000 espèces.

Toutes ces familles peuvent contracter une symbiose avec une bactérie du genre Rhizobium, pour permettre un accès privilégié à l'azote de l'air. Par cette symbiose, les plantes de ces familles s'affranchissent de la teneur en azote dans le sol. Ainsi ces plantes sont capables de s'adapter à des sols très pauvres, et très dégradés (Il faut rappeler que trèfles et luzernes étaient employés sur les sols en jachère, dans la rotation des cultures,et ce, depuis le monde romain. Aussi sur les bords d'autoroute, à noter l'abondance des genêts...).

Ces plantes ont donc un rôle améliorateur des sols, en plus d'un intérêt alimentaire.

Anatomiquement ces symbioses sont limitées à des nodules dans la surface des racines chez les plantes tempérées (voire dans les tiges sur des espèces tropicales) . Ces tubérosités sont donc bien visibles.

[Les bactéries du genre Rhizobium possèdent une enzyme, la nitrogénase, pour fixer l'azote atmosphérique, et le transformer en NH4+ directement exploitable par la plante. Cette enzyme est irréversiblement inhibée par l'oxygène ( vieille enzyme ) ; c'est pourquoi la bactérie va travailler en anaérobie. La légumineuse va, une fois la bactérie installée dans les nodules, piéger l'oxygène à proximité de la nitrogénase de la bactérie, pour éviter une accumulation ou une élévation de pression de O2.
Ces bactéries rhizobium dans le sol peuvent être libres ; elles n'utilisent pas l'azote atmosphérique. Attirées par chimiotactisme des poils absorbants des légumineuses, les bactéries vont migrer dans la racine et former des nodules très organisés. La légumineuse va émettre des molécules de type flavonoïdes pour inciter le gène du Rhizobium à fabriquer l'enzyme nitrogénase ( on parle de conversation moléculaire entre Rhizobium et la plante ).]

Mimosaceae :

Ce sont des arbres de climat chaud, voire désertique.
Les fleurs sont régulières.
L'androcée est méristémone ( comme dans tous les fabales, mais déjà aussi chez les rosales) .

Quelques exemples :

Le mimosa, l'acacia sont des arbres exotiques de cette famille.
On peut rencontrer dans nos régions, un arbre qu'on appelle " Mimosa " ( la couleur de la fleur jaune est due aux multitudes d'étamines) , mais qui appartient au genre Acacia.
L'Albizzia est parfois cultivé, uniquement pour son intérêt ornemental.

Quelques plantes peuvent fournir une gomme qui exutent de l'écorce ( et utilisable pour des patchs, ou pour des confiseries ) .

Cesalpinaceae :

Ce sont des arbres de climat chaud également.
Les fleurs sont zygomorphes par la corolle. L'androcée à 10 étamines est zygomorphe.

On rencontre dans cette famille :
- L'arbre de Judée, un arbre cauliflore, utilisé dans l'ornementation dans nos régions.
- Des plantes parfois purgatives, qui étaient utilisées auparavant en pharmacie ; ainsi était employé les folioles des Cassia : cf. le séné, casses (Séné et casses sont le nom des extraits purgatifs, et non des plantes. Ces extraits étaient utilisés au moyen-âge.)...
- Des gommes/résines dans quelques arbres des régions tropicales, qui justifieraient un usage médicinal indigène.


Papilionaceae :

Cette famille d'au moins 10 000 espèces cosmopolites est bien représentée :
- Dans les climats chauds sous forme ligneuse.
- Dans les climats tempérés sous forme herbacée.


Appareil végétatif :

Les racines sont généralement pivotantes, ce qui explique l'association fréquente des légumineuses aux graminées, car les systèmes racinaires sont compatibles.
Les racines laissent apparaître des nodosités à Rhizobium, qui se forment si le sol est pauvre en azote. Si le sol ne contient pas suffisamment de nitrate ( ou d'engrais ), la symbiose peut se mettre en place.

Le port dans cette grande famille est très variable : on peut rencontrer, outre les schémas classiques, des tiges très courtes (ex. le Trèfle), des lianes et autres ports rampants, des plantes grimpantes.
Globalement le port dominant est herbacée, avec souvent la présence de vrilles (cf. lianes).

Le feuillage est de type composé, penné, et originellement stipulé ( ex. : le Réglisse ). Cependant on note de nombreuses variations.
[La foliole finale peut disparaître : ex. la Fève.
Les stipules peuvent être transformées en épine : ex. le Robinier faux Acacia.
La foliole finale peut être transformée en vrille : ex. le Vesce.
Le nombre de foliole peut être réduit : ex. le Trèfle ( rarement à 4 feuilles... ) et le Genêt.
La nervation peut se transformer pour devenir palmé : ex. le Lupin.
Les folioles peuvent être transformées en épines : ex. l'Ajonc.]

Appareil reproducteur :

Les inflorescences sont des grappes.
Les fleurs sont cyclisées, hermaphrodites, zygomorphes par la corolle.
La corolle papilionacée est constituée de 4 pièces :
- 2 sont soudés en un carène ( qui renferme l'androcée et le gynécée ).
- 1 est grand et en position dorsale, c'est l'étendard.
- 2 ailes : 2 sur le côté, en latéraux.
Les sépales sont légèrement zygomorphes.
Les étamines sont au nombre de 10, avec des possibilités de gamostémonie :
- L'androcée peut être diadelphe,
     - c'est-à-dire constitué d'une étamine seule et de 9 étamines soudées entre elles ( en un cornet ).
- L'androcée peut être monadelphe,
     - c'est-à-dire où toutes les étamines sont soudées ensemble. ( = gamostémonie)
- L'androcée peut être dialystémone.
     - c'est-à-dire où toutes les étamines sont libres ( chez les espèces plus primitifs ).
Le gynécée est à un carpelle. La placentation est classiquement marginale.

Le nombre d'ovules est variable. Elles évoluent pour former une graine exalbuminée.
Cette graine est d'ailleurs souvent riche en composés à haute valeur alimentaire :
- Amidon chez les pois
- Lipide chez la cacahuète ( du genre Arachis ) ; on peut en obtenir une huile d'arachide.
- Protéines : à hauteur de 40% dans les graines de soja.

Le nom de légumineuses provient de légume qui désigne, à l'origine le fruit des légumineuses.
Ce fruit est une gousse : c'est une évolution d'un unique carpelle qui s'ouvre par deux fentes ( avec une ouverture au niveau de la placentation, et une autre au niveau dorsale ).
Parfois le fruit est dit " lomentacée " ; c'est le cas de la cacahuète pour lequel le fruit est indéhiscent.

Intérêts :

L'intérêt alimentaire est évident : cette famille représente le 2ème rang mondial ( derrière les céréales ) . On peut citer le soja, les lentilles, les haricots et autres fèves...
Quelques espèces ne sont pas dénuées de toxicité ( comme par exemple les fèves de Calabar ou encore les graines de jéquirity en Inde ) .

L'indigo est fourni par une espèce de légumineuses ( intérêt en teinture ) .

On peut noter aussi l'usage comme insecticide : le roténone, insecticide naturel obtenu à partir de plantes du genre Derris, est le seul utilisable en agriculture biologique.

Le soja semble, selon des études récentes, prévenir des cancers hormono-dépendants, comme le cancer du sein ou de la prostate.


MYRTALES :

Cet ordre est à considérer comme étant très voisin et même dérivé des rosales.
Quelques caractères sont constants :
- le réceptacle floral est caliciflore avec l'ovaire enfoncé infère adhérent.
- La méristémonie est assez souvent présente.
- On peut noter la fréquence des feuilles opposées.

Myrtaceae :

On compte 4 000 espèces qui se situent davantage dans les pays chauds.
Ce sont des végétaux ligneux ( de arbustes à grands arbres ).
Le feuillage est alterne, les feuilles sont simples à limbe entier et assez souvent coriace (Certaines feuilles sont recouvertes de cire,... toujours pour se protéger du soleil.).
Chimiquement, sont abondants :
- Les poches sécrétrices schizogènes à huile essentielle.
- Les tanins.


Appareil reproducteur :

Les fleurs sont régulières, pentamères ou tétramères.
L'androcée est méristémone ; l'ovaire est infère et pluriloculaire à placentation axile.
Le fruit est une baie, et contient une graine souvent exalbuminée.


Intérêts :

Beaucoup de plantes de cette famille sont utiles et ce, dans divers domaines :
- Comme bois d'œuvre.
- Certains fruits sont comestibles.
- Certaines plantes sont aromatiques, avec abondance d'Huile Essentielle ( d'où l'usage condimentaire et médicinale ) ; quelques exemples : le Niaouli, le Myrte...

- L'Eucalyptus ( Eucalyptus globulus ) :
Cet arbre qui peut être d'une taille exceptionnelle est trouvé souvent en région chaude, avec toujours des possibilités d'adaptation. On le trouve assez couramment en Australie.
Il pousse vite et assèche les sols marécageux.
Cet exemple de myrtaceae fournit une huile essentielle riche en eucalyptol, un terpène antiseptique bronchique.
Un détail botanique : cette plante peut servir d'exemple pour montrer le polymorphisme foliaire lié à l'âge. En effet :
Quand l'arbre est jeune, les feuilles sont d'abord sessiles, cordiformes, et légèrement bleutées ( du fait de production d'une huile collante pour repousser les prédateurs ) et opposées. En vieillissant et en grandissant, les feuilles deviennent pétiolées, falciformes et en disposition alterne.


- Le clou de Girofle :
Il s'agit du nom du bouton floral de forme caractéristique de l'espèce Syzygium aromaticum ( ou Eugenia caryophyllum ), un arbre évoluant dans le Zanzibar.
Ce bouton floral à ovaire infère est souvent dur ( du fait de la richesse en sclérenchyme ) .
L'ensemble desséché est très riche en eugénol ( terpène à odeur caractéristique ) employé aussi bien en condiment, que dans les affections dentaires ( l'eugénol est un bon antiseptique anti-inflammatoire ).
On l'utilise localement ( dans les Philippines en l'occurrence ) pour fabriquer les cigarettes Kretek.


Quelques espèces de myrtaceae sont employées dans nos régions, en ornement :
- Les Fuschias.
- La Daphnée, petit arbuste toxique ( surtout par ces graines ) .
- La Salicaire qu'on trouve dans les fossés, et auparavant utilisée à des fins médicinaux.


EUPHORBIALES :

Cet ordre est réduit à la famille des euphorbiaceae.

Euphorbiaceae :

Cette famille est difficile à classer parmi les sous-classes. Certains la placent dans les dilléniidées, proche des malvales.

On dénombre plus de 8 000 espèces dans cette famille cosmopolite ( surtout bien représentée dans les régions chaudes et tropicales ).
La morphologie est très variable : cela va des herbes flottantes aux herbes communes. (le port n'est pas un critère suffisant pour appartenir à cette famille...).
Ce qui est plus commun à toute la famille, c'est la présence d'appareil sécréteur à latex ( aussi bien produits par des laticifères vrais qu'anastomosés).
Deux autres critères communs à la famille : les fleurs unisexuées et le fruit, qui est une capsule de type tricoque.
On note aussi la présence de tanins.


Appareil reproducteur :

Les fleurs sont très réduites, et le plus souvent unisexuées. Les espèces sont tantôt monoïques, tantôt dioïques.
- Les espèces les plus primitives de cette famille sont à périanthe normal.
- Les espèces les plus évoluées n'ont pas de pétale, et même parfois sont apérianthées.
Les fleurs mâles peuvent se réduire à une étamine, les fleurs femelles se réduisent alors aussi au gynécée.
Mais l'inflorescence est parfois plus complexe, évoluant vers la notion de pseudanthe (Le pseudanthe est une inflorescence qui va simuler une fleur simple).

Le gynécée est gamocarpellé, triloculaire à placentation axile. Les trois loges comprennent une ou deux ovules ; le fruit, supère sur le réceptacle floral, s'épanouit en capsule à déhiscence triple, d'où le nom de tricoque (du fait du gynécée triloculaire à déhiscence triple).

La graine est souvent munie d'une caroncule, c'est-à-dire d'une expansion charnue, appétant pour favoriser la dissémination.
L'albumen est souvent huileux, donc utile ou toxique.


Classification interne :

On subdivise en 2 principales sous-familles :

- Euphorbioïdeae :
qui comprend le genre Euphorbia ( qui comprend 2 000 espèces ) .
- Crotonoïdeae.


- Euphorbioïdeae :


La loge dans le carpelle est uniovulée.
Le latex est généralement blanc.

Le port est très variable, mais on note la présence importante de plantes crassulescentes.
L'inflorescence est constituée d'un regroupement de cyme, simulant une seule fleur : il s'agit donc bien d'un pseudanthe. Celui-ci porte le nom particulier de cyathe ( et il est particulièrement facile à reconnaître ) .
Le gynécée est pédicellé. Les croissants nectarifères présents vont simuler une corolle autour du gynécée. Les bractées sont très développées et colorées, simulant un périanthe.

Le latex blanc ( issu de laticifères vrais ) est généralement caustique.


- Crotonoïdeae :

Cette sous-famille est plus primitive au niveau floral. De nombreuses plantes sont utiles.

- L'Hévéa :
L'Hévéa ( par exemple Hevea brasiliensis ) provient du Brésil. Il s'agit d'un gros arbre dont on extrait un latex, qui constitue le caoutchouc naturel ( d'où l'intérêt économique de cette plante ) .
Le latex est obtenu en incisant l'écorce en sillons diagonaux, en évitant le cambium ( pour permettre la circulation de la sève ) .
Le développement de cette plante est lié à celui de l'automobile ( pour les pneus ) . Cela explique que cet arbre est replanté dans d'autres régions du monde, généralement chaudes et humides, comme l'Afrique et l'Asie du sud-est.

- Le Manioc :
Le Manioc ( Manihot esculenta ) est l'une des plantes les plus consommées dans le monde, en particulier dans les régions chaudes ; il fournit le tapioca, aliment de base de la plupart des populations africaines.
On consomme le tubercule racinaire, charnu et riche en amidon, qui se conserve très bien dans le sol.

Cette racine présente une remarquable pauvreté en autre chose que de l'amidon. Ainsi, cette plante ne va pas apporter par elle seule d'autres éléments pour garantir une alimentation équilibrée.
De plus, sont présents dans la plante des hétérosides cyanogénétiques, toxiques a priori et pourtant consommés.
La consommation de ces hétérosides explique une toxicité sub-chronique, avec formation de goitres et apparition de troubles mentaux neurologiques. Cette toxicité n'est pas directement due à l'effet des hétérosides, mais plus à une carence en soufre dans l'organisme, puisque le soufre sert à métaboliser l'acide cyanhydrique HCN en thiocyanate SCN-.

On consomme deux types de manioc :
- Le manioc amer, dans lequel les hétérosides sont répartis dans toute la racine. La cuisson dans l'eau bouillante permet une hydrolyse partielle des hétérosides.
- Le manioc doux, dans lequel les hétérosides sont répartis dans la partie périphérique du tubercule. On va alors simplement peler la racine et consommer la partie plus centrale.

- Crotons :
On compte 750 espèces environ de crotons qui ont la particularité d'avoir les feuilles panachées, d'où l'utilisation pour l'ornement.

Attention !! Ces espèces sont potentiellement toxiques ; on peut en effet extraire des poisons très violents à partir de certaines espèces...

- Le Ricin :
De cette plante s'extrait l'huile de ricin, qui était auparavant pour ses propriétés purgatives, même si cette huile est très drastique.
Aujourd'hui on l'utilise dans le domaine industriel, en particulier dans la fabrication du nylon ( mais aussi comme lubrifiant pour moteur d'avion et avec les plastifiants ).
On peut extraire de cette plante la ricine, à effet très toxique.


CELASTRALES :

Ce sont des arbres à feuille simple ; le réceptacle n'est plus caliciflore mais disciflore, avec un disque nectarifère entre le réceptacle et la fleur.
Les fleurs sont souvent petites, tétramères/pentamères.
L'androcée est isostémone, souvent alternipétale. Le gynécée supère est en général posé sur un disque ; il est gamocarpellé pluriloculaire, à placentation axile.

Celastraceae :

C'est une famille de 500 espèces environ, d'arbustes cosmopolites, à large distribution géographique.
Les feuilles sont simples et opposées.
Les fleurs ont un disque nectarifère très développé.
Les graines ont une partie arillée (L'arille, déjà rencontrée chez les violaceae, est un tégument charnu qui enveloppe en partie la graine.), c'est-à-dire une excroissance charnue qui attire les insectes.
Des poches et des laticifères sont présents.


Intérêt :

- Le fusain :
Le fusain du genre Euonymus est un arbuste très courant dans nos régions, surtout pour former des haies.
La fleur du Fusain est tétramère, et le fruit est rose-indien, avec 4 loges à graine à arille rouge vif, donc un aspect appétant. Cependant à l'intérieur, on note la présence d'hétérosides cardiotoxiques.

On rencontre également le fusain du Japon aux feuilles persistantes, et aux fruits moins voyants mais de même composition ( donc toxique ).


- Le khat ( Catha edulis ) :
Cet arbuste est rencontré au Yémen et en Afrique, dans les régions arides. Ces feuilles fraîches sont utilisées comme masticatoire, et elles contiennent de la cathine ( un stimulant du système nerveux ) . Cette plante, classée dans les stupéfiants, est consommée uniquement localement, d'une manière plus rituelle que festive.


"Le khat est un stimulant très répandu dans une vaste région qui englobe l'Afrique de l'Est et le Moyen-Orient. C'est un arbuste dont les feuilles fraîches et les jeunes pousses sont mangées pour leurs propriétés stimulantes. Le khat perd son pouvoir psychotrope quand les feuilles sont sèches. Il contient de nombreux produits actifs, dont certains ont une structure similaire à celle des amphétamines. Contrairement aux feuilles de coca, celles du khat, au goût très amer, sont habituellement avalées. Les camionneurs kenyans en sont de grands consommateurs. " Extrait de : Drogues, une encyclopédie de WEIL et ROSEN, Editions L'Esprit Frappeur (n°81)-1999.


Ilicaceae ou Aquifoliaceae :

Cette famille cosmopolite contient le houx, du genre Ilex.

Les feuilles peuvent être dentées ou inermes.
Les fleurs sont tétramères et parfois unisexuées. Le fruit est une drupe ( rouge pour le houx ) .

Quelques plantes présentent un intérêt :
- Le houx, qui fournissait auparavant du bois, mais qui a une maturation très lente.
- Le Ilex du Paraguay ( ou Ilex paragueyensis ), dont les feuilles séchées servent pour faire une infusion, le Maté, très courante en Amérique du sud ( cette plante est particulièrement riche en caféine ).


RHAMNALES :

Cet ordre est proche des celastrales. Deux familles seront successivement étudiées.

Rhamnaceae :

Cette famille contient la Bourdaine, arbuste des forêts, qui contient tanins, poches à mucilages. Cet arbuste est également riche en hétéroside anthracénique (comme dans la Rhubarbe - chez les Polygonaceae, ou dans le Cascara - Rhamnaceae), en particulier dans l'écorce, d'où l'effet purgatif et laxatif.
Le réceptacle est creux, et peut porter un tapis de glandes nectarifères.
Les fleurs sont généralement petites, pentamères ou tétramères.

Le gynécée est pluriloculaire uniovulé. Chaque loge évolue en une drupe, généralement noire ( sans intérêt alimentaire sauf chez le jujubier du genre Zizyphus ) .

Vitaceae :

C'est la famille des vignes.
Le port dominant est la liane ; on compte 600 espèces réparties dans les régions tempérées ou chaudes.
Ces plantes sont souvent munies de vrilles.
La croissance, difficile à expliquer, se fait selon un modèle soit :
- sympodique ( comme dans les cymes ) ; les vrilles sont transformées en rameau latéralement.
- monopodique (comme dans les grappes ).

Les fleurs sont en grappe. Elles sont petites, pentamères, et ont les pétales soudés au sommet, pour former un bonnet ; la corolle est précocement caduque pour pouvoir libérer l'androcée et le gynécée.
Le gynécée est formé de deux carpelles à placentation axile. Le fruit est une baie ( avec des " pépins " ).

Il s'agit d'une famille de grand intérêt économique. Le raisin est la 2ème espèce de fruit en tonnage par an.


GERANIALES :

Ce sont des espèces qui ont un port herbacé.

Quelques caractères sont communs sur l'appareil reproducteur :
- L'androcée est souvent obdiplostémone.
- Le gynécée est gamocarpellé, à placentation axile.
- Le disque nectarifère est absent ou rudimentaire ( réduit alors à quelques glandes à la base de l'étamine ) .


Geraniaceae :

Cette famille cosmopolite regroupe 700 espèces, dont 400 pour le genre Pelargonium ( nom du genre du géranium ) .

On note 2 particularités botaniques dans cette famille :
- Le style est souvent accrescent formant une colonne assez haute ; il peut même se redévelopper et s'accroître après la fécondation, pour avoir un aspect en " bec-de-grue ".
- La schizocarpie : les cinq fruits indépendants se séparent de la base et se décollent du style commun. Finalement les cinq fruits sont suspendus à cinq lamelles d'un style resté ligneux.

Intérêts :

On note la présence de tanins ; on peut donc utiliser certains geraniaceae, comme l'Herbe à Robert ( Geranium robertianum ) , en médecine populaire, comme cicatrisant.

L'intérêt majeur provient cependant de l'usage horticole du géranium.
Certains sont utilisés pour l'extraction d'Huile Essentielle en cosmétologie ( comme le Géranium Rosat ), à partir de la feuille.


LINALES :

Ce sont généralement des plantes au port ligneux ( à la différence des géraniales ).
L'androcée est méristémone.

Linaceae :

On a répertorié 300 espèces centrées sur le genre Linum ; l'espèce principale Linum usitatissimum est utilisée depuis 3000 ans pour ses fibres, puisque les fibres cellulosiques sont abondantes.

- Un détail botanique de cette famille : la polyembryonie
En général, lorsqu'un sac embryonnaire est fécondé, il ne bloque pas la fécondation d'autres sacs embryonnaires présents dans le carpelle. Ainsi, dans une même graine, peuvent être présents 2 ou 3 embryons, mais une seule plantule va croître.


Utilisation-intérêts :

L'usage majeur reste l'usage textile, du fait de l'exploitation des fibres.

On peut produire une huile de lin, puisque la graine:
- est oléagineuse, faites de chaînes carbonées insaturées ; cette huile est utilisée en industrie.
- est riche en mucilage, donc émollient, adoucissant et laxatif ; cet usage est désuet chez l'homme mais encore un peu employé en médecine vétérinaire.
- contient des hétérosides cyanogènes, si la graine est fraîche.

Erythroxylaceae :

C'est une famille de 300 espèces centrées sur le genre Erythroxylum.
Ce genre d'arbustes américains contient une espèce à grand intérêt médicinal : le Erythroxylum coca ou cocaïer, duquel on extrait des feuilles la cocaïne.
Ainsi ( Amérique du Sud ), cet arbuste est présent dans les Andes et sur les coteaux sub-tropicaux. Ses feuilles caractéristiques sont simples, lancéolées avec une double rainure, formant deux arcs de cercle (Ces 2 rainures dans la feuille ne sont pas des vaisseaux ; ils sont faits de collenchyme pour " renforcer " la feuille) de chaque côté. La nervation est cependant pennée ( la nervure centrale est proéminente. La partie centrale est appelée l'area.
Ces traces de pliure lors de la préfoliation permettent d'identifier facilement cette feuille.

Appareil reproducteur :

Les pétales ont des appendices internes ( bosses ).
Le gynécée est réduit à une seule loge ; il évoluera, une fois fécondée, en drupe rouge.


Intérêt :

Les feuilles contiennent différents alcaloïdes dont la cocaïne ( généralement moins de 0.5 %) utilisée comme :
- anesthésique local et vasoconstricteur très puissant, d'où son usage en chirurgie, ORL notamment (La cocaïne, isolée sous forme d'une poudre blanche ( à partir de la fin du XIXème ) utilisable par les médecins, fut le premier anesthésiant local ; elle révolutionna la chirurgie). On l'utilise aussi contre les douleurs du cancer en phase terminale
- stupéfiant ; drogue stimulant le cerveau et qui engendre une dépendance/accoutumance.

Sa culture est ancestrale dans les Andes : ses feuilles masticatoires particulièrement riches en vitamine ( surtout vit.C ) permettent de se maintenir en éveil et de s'adapter et de supporter l'altitude ( action stimulante ).

La culture en Amérique du Sud est réglementée ; pour limiter les cultures, les autorités proposent de les substituer par d'autres cultures, au rendement financier moindre (Il faut rappeler que le crack ou free base est fabriqué à partir de cocaïne.)...

Les feuilles de cocaïne entraient dans la composition de nombre de " vins " et autres toniques du XIXème siècle, dont le " vin mariani ", qui deviendra quelques années plus tard, au prix de quelques changements dans la composition ( dont le retrait des feuilles de E. Coca et de l'alcool ) le Coca-cola...

" La coca est un arbuste originaire des vallées chaudes et humides situées dans la partie orientale des Andes. Elle est cultivée par les Indiens depuis des milliers d'années. Aujourd'hui, la plante est légalisée au Pérou et en Bolivie, où des millions d'Indiens continuent de mâcher ses feuilles pour leur action stimulante et curative.
La coca contient 14 substances différentes, la cocaïne étant la plus importante. Les autres sont présentes en plus petites quantités et modifient vraisemblablement l'action stimulante de la cocaïne. On trouve aussi dans les feuilles de coca un grand nombre de vitamines et de minéraux qui jouent sans doute un rôle important dans le régime des Indiens qui les utilisent.
[...] Les consommateurs de coca introduisent les feuilles dans leur bouche et les mâchent jusqu'à obtention d'une boulette qu'ils sucent pendant une trentaine de minutes pour en avaler le jus avant de recracher le résidu. [...] Après quelques minutes de mastication, la bouche et la langue s'engourdissent, puis on commence à ressentir les effets propres aux stimulants. Contrairement au café, la coca a une action adoucissante sur l'estomac et ne rend pas nerveux. Son action euphorisante peut être plus forte que celle du café. [...] Les feuilles de coca contiennent une faible concentration de cocaïne ( généralement moins de 0.5% ) associée à d'autres substances qui modifient favorablement ses effets, ainsi qu'à de précieux éléments nutritifs, de sorte que la cocaïne se trouve fortement diluée dans la matière végétale inerte. Ajoutons à cela que l'obtention de l'effet désiré demande un long travail de mastication des feuilles. Par conséquent, lorsqu'elle est consommée sous cette forme naturelle, la cocaïne ne pénètre le sang que progressivement et en petites quantités. [...] Les Indiens d'Amérique du Sud se servent de la stimulation qu'elle leur procure pour travailler et rencontrer des gens. Ils l'utilisent également comme remède à diverses maladies, surtout digestives. Force est de constater que dans ces conditions, l'abus de feuilles de coca est très rare. " Extrait de : Drogues, une encyclopédie de WEIL et ROSEN, Editions L'Esprit Frappeur (n°81)-1999.


SAPINDALES :

Ce sont généralement des plantes ligneuses évoluées.
- Les feuilles sont originellement composées, évoluant vers des formes simples.
- Le xylème est évolué, avec un bois en trachée.
- Les fleurs sont pentamères ou tétramères ( parfois sur la même plante ).
- L'androcée est diplostémone, avec réduction possible à l'isostémonie.
- Le disque nectarifère est toujours présent.
- Le gynécée est classique pour une famille évoluée : gamocarpellé à placentation axile.

Sapindaceae :

Cette famille comprend le genre Sapindus, arbres évoluant dans les zones exotiques et chaudes. L'exemple le plus connu est le fruit d'une sapindaceae de Chine, le litchi.

Hippocastanaceae :

On dénombre une quinzaine d'espèces dans l'Hémisphère Nord tempéré qui appartiennent à cette famille.
Le marronnier est un arbre à feuille palmée, composée et opposée. Les fleurs sont très zygomorphes.
Le fruit est une capsule monoséminée à épine.
Les graines du marronnier sont riches en amidon, tanin et en hétéroside saponoside, supports d'une toxicité ( graines non comestibles ) et d'un intérêt médical ( les extrait de marron d'inde sont employés dans les pommades hémorroïdales et comme toniques veineux, du fait de la présence de saponosides ).

Aceraceae :

C'est la famille de l'Erable.
Les nombreuses espèces de cette famille ( une centaine d'espèces ) sont toutes à feuilles simples et palmées, et à disposition opposée. Les fleurs sont régulières. Le gynécée est tricarpellé et donneront une samare double.
Les Erables servent à :
- fournir du bois.
- donner le sirop d'érable, surtout sur le continent nord-américain. Ce sirop est une sève élaborée très sucrée au printemps, qui est extrait de l'Acer saccharum et qui est concentré.

Anacardiaceae :

Ce sont des arbres tropicaux.
Quelques exemples de fruits comestibles issus d'anacardiaceae : la mangue, la pistache, la noix de Cajou, ...
Le Rhus est un genre d'arbre utilisé pour l'ornement dans les jardins publics, du fait de la couleur flamboyante à l'automne. Il donne des dermites du fait de sa sève caustique.

Rutaceae :

Cette famille regroupe 1 000 espèces des régions tropicales aux pays chauds ( et jusqu'aux bords de la Méditerranée ).
Ce sont des arbres, arbustes et exceptionnellement des herbes vivaces ( comme la Ruta graveolens ) . Le xylème est évolué, avec des trachées.
Le feuillage est :
· Alterne.
· Penninerve sans stipule.
· Le pétiole est élargi et aplati. Le pétiole ailé est caractéristique du genre Citrus.

Ce sont toujours des plantes riches en poches schizolysigènes sur l'ensemble de l'épiderme, donnant des ponctuations microscopiques. Cette production d'Huile Essentielle existe sur l'ensemble de la plante (C'est un caractère important, car vraiment commun à l'ensemble de la famille).

Appareil reproducteur :

Il s'agit d'une famille par enchaînement, sans réel caractère constant.
Les fleurs sont hermaphrodites, avec un disque nectarifère. De nombreuses variations sont possibles :
- Apétalie.
- Calice gamosépale.
- Méristémonie, voire concrescence des étamines, et gamostémone.

Les fleurs peuvent être pentamères ou tétramères, et ce parfois sur la même plante. Les fleurs du pourtour peuvent être sur le type 5, alors que celles plus centrales sont de type 4. ( par exemple chez la Rue Fétide ).
Le gynécée est classique, gamocarpellé à placentation axile. Il est composé de plusieurs carpelles, tous pauci-ovulés ( voire uniovulés ).

Les fruits sont souvent schizocarpes. Le degré de soudure est imparfait.
Soit le haut est soudé ; on a autant de bosse que de loge, et seule la base est soudée.
Soit, plus classiquement, le gynécée est entièrement soudé.

Dans le genre Citrus, les fruits, qui sont des baies, sont appelés hespérides.
L'hespéride garde la trace de la schizocarpie :
- L'épicarpe est coloré, non découpé, et possède de nombreuses ponctuations translucides en surface qui sont les poches schizolysigènes.
- La couche spongieuse blanche est le mésocarpe, commun non divisé.
- L'endocarpe est un reste de la schizocarpie ; il est constitué loge par loge. Originellement, on dénombre 5 loges qui peuvent être multipliés. A l'intérieur, l'endocarpe est garni de poils remplis de suc et environnants un ou deux pépins en position centrale.

Les fruits de Citrus sont issus d'Asie Mineure, et sont désormais très présents en Méditerranée.
Les graines ( ou pépins ) sont aussi affectées de polyembryonie ; sur les plusieurs embryons qui sont présents dans la graine (Tous les embryons présents dans la graine ne sont pas identiques ; seul un provient de la fécondation, les autres sont formés à partir du sac embryonnaire et sont la copie de plante-mère), tous vont se développer, ce qui donne un bouquet de plantule. Un seul prendra l'ascendant.


Intérêts :

- La Rue Fétide ( Ruta graveolens ) :

C'est une herbe vivace méditerranéenne, toxique, dont les huiles essentielles ont des propriétés abortives.

- Le genre Citrus :

Il comprend des plantes fournissant aussi bien l'orange, le pamplemousse, le citron, ...
L'intérêt majeur est alimentaire, avec possibilité d'obtention d'hybrides car ces espèces sont proches. On peut les consommer en jus ou en nature.
Tous ces fruits contiennent beaucoup de vitamine C. On doit l'extension et la dissémination des cultures et l'implantation en Amérique, aux marins qui consommaient des citrons et oranges pour éviter le scorbut (Le scorbut est dû à une carence en vitamine C.) lors des grandes traversées, et qui replantaient des arbres dans les ports pour permettre un réapprovisionnement.

- Le genre Pilocarpus :

Il est représenté par des arbustes tropicaux.
L'androcée est isostémone.
De ces plantes on extrait un alcaloïde, la pilocarpine, qui est parasympathico-mimétique dans les collyres.


Quelques remarques :
- Le terme d'agrume est la désignation plus " économique " pour désigner les fruits du genre Citrus.
- Les produits amers dans le fruit ont un intérêt en industrie agroalimentaire, avec notamment l'emploi des bio-flavonoïdes.


ARALIALES :

C'est un ordre homogène, constitué de 4 familles proches les unes des autres.

Ce sont des plantes qui ont subi un stade d'évolution supérieure. La fleur va se simplifier, se réduire.
- Le calice est réduit.
- L'androcée est isostémone.
- Le gynécée est constitué de deux carpelles seulement. Il est infère, et chaque loge est uniovulée.

L'inflorescence est en ombelle, avec la différenciation des fleurs en périphérie et celles au centre, visant à simuler une seule fleur, géante d'apparence : l'inflorescence évolue vers le pseudanthe.
La graine est albuminée ( caractère peu évolué ).

Sur le plan végétatif, on note la constance d'un appareil sécréteur schizogène ( à huile essentielle ou à résine ).

Apiaceae ou ombellifères ( umbelliferae ) :

C'est la famille du Apium ( genre du céleri ).
Sont regroupées dans cette famille 200 espèces en France, 2 000 espèces dans toutes les régions tempérées, le plus souvent dans l'Hémisphère Nord.

Cette grande famille est subdivisée en 3 sous-familles d'importance inégale :
- Hydrocotyloïdeae ( plantes stipulées, appareil sécréteur réduit ) .
- Saniculoïdeae ( plantes sans stipule ; disque nectarifère en anneau autour du style )
- Apioïdeae :

Apioïdeae :

Cette sous-famille comporte le plus d'espèce. Il existe une telle homogénéité des ombellifères dans leur morphologie, qu'il est difficile de déterminer l'espèce.
Par rapport aux autres sous-familles, les apioïdeae sont astipulées et ont le style posé sur le disque.

Appareil végétatif :

Ce sont des herbes de grande taille parfois (ex. La Grande Ciguë qui peut atteindre 2 à 3 mètres).
Elles sont annuelles, bisannuelles ou vivaces.
La racine est de type pivotante (ex. La Carotte). On peut avoir des tubercules ou des rhizomes.
La tige est à la fois creuse et cannelée, munie de stries (La tige est fistuleuse, du fait d'un manque de développement de la moelle au cours de la croissance). Des canaux schizogènes sont dans la cannelure et émettent des huiles essentielles ( ce sont des plantes odorantes toujours ).
Le feuillage est alterne, avec une base engainante qui embrasse toute la tige. Le limbe est composé et très découpé. Il n'y a jamais de stipule.
Certaines apioïdeae peuvent synthétiser des alcaloïdes.


Appareil reproducteur :

Les fleurs se regroupent en une inflorescence de type ombelle, qui peut être simple ou composée. Les espèces les plus évoluées peuvent avoir l'inflorescence en capitule ( ex. le Chardon ) dans le cas où les rayons de l'ombelle diminuent.
Les fleurs sont hermaphrodites et normalement régulières. Elles sont souvent petites, blanches ou claires.
Elles sont pollinisées par les diptères ( moins évolués que les abeilles ou les papillons ) .
Le gynécée est infère avec deux loges uniovulées surmontées d'un disque nectarifère. Le gynécée se prolonge pour donner deux styles.
L'ovule est de type anatrope.

On observe pour les fruits un phénomène de schizocarpie. Les fruits se séparent pour donner un diakène, typique des apiaceae.
Le fruit présente toujours des côtes ; il peut être aplati : le nombre de pointes et les canaux sécréteurs sont 2 caractères permettant de faire la différence entre les espèces.


Intérêt :

- Intérêt condimentaire :
ex. le cumin, la coriandre, le persil, le cerfeuil, ...
On utilise les feuilles de persil et de cerfeuil et les graines de cumin et de coriandre.

- Intérêt toxique :
ex. L'Oenanthe.
La ciguë entrant dans deux genres : Coniium (grande Ciguë) et Cicuta (petite ciguë).
La ciguë ingérée entraîne la mort par paralysie ascendante, du fait de la présence de coniine.
La ciguë, qui est malodorante, et qui pousse dans les fossés humides peut être confondue avec le cerfeuil.

- Intérêt médicinal :
Le Khella ( Amni visnaga ) présent dans le sud méditerranéen est employé comme antiseptique urinaire et comme antispasmodique.

- Intérêt alimentaire :
Ex. Le Fenouil ( à l'aspect de bulbe au départ ), le Céleri, la Carotte...

Araliaceae :

Les espèces sont plus souvent tropicales et ligneuses, donc moins évoluées.
En région tempérée, on rencontre le lierre ( Hedera helix ) qui est une liane ligneuse. Son feuillage présente un exemple de polymorphisme foliaire. Ainsi les feuilles ne sont pas lobées sur les rameaux fertiles et trilobées sur les rameaux sans fleur.
Le fruit est une baie bleue-noire, légèrement toxique ( elle a un effet ébrieux ; la personne va avoir une démarche qui zigzague ).
Le lierre est utilisé en cosmétologie car amincissant.

Le ginseng, qui appartient aussi à cette famille est une racine anthropomorphe ( en forme d'homme ) et charnue.
Le ginseng est très développé dans la Pharmacopée chinoise et en phytothérapie, comme tonique et reconstituant.


QUELQUES PISTES DE CONCLUSION :


On note quelques détails d'organisation originaux au sein de cette sous-classe :

Un appareil sécréteur est quasi constant :
- Tanifères : très fréquents.
- Laticifères et produits caoutchouteux.
- Résines, gommes, mucilages, huiles essentielles.
- Poches schizogènes, lysigènes, schizolysigènes.
- Alcaloïdes divers : ricine, cocaïne, coniine, cathine, ...

Les fruits sont souvent originaux botaniquement :
- Le tricoque des euphorbiaceae.
- La drupe à plusieurs noyaux des rhamnaceae.
- La schizocarpie et le style accrescent chez les geraniaceae.
- La samare double des aceraceae.
- Le diakène des apiaceae.

Les fruits produits présentent souvent un intérêt alimentaire ou sont toxiques:
- Les fruits de rosaceae.
- Les légumes des fabaceae.
- Le raisin.
- Les hespérides.
- Les fruits d'anacardiaceae.
- Les fruits aromatiques et médicinaux des apiaceae.
- Les fruits toxiques de lierre et de fusain.


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