| Classe des monocotylédones : |
( sommaire )
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Introduction
Sous-classe des Alismatidées
Sous-classe des Arécidées :
Arécacées ou Palmae
Aracées
Sous-classe des Commelinidées :
Graminées ou Poacées
Sous-classe des Zingibéridées :
Cannacées
Zingibéracées
Musacées
Broméliacées
Sous-classe des Liliidées :
Liliacées
Orchidacées
Introduction :
Cette sous-classe a beaucoup moins d'importance sur le plan médical ; cependant sur le plan alimentaire et économique, l'intérêt est énorme (cf. graminées).
Ce sont des plantes qui ont un seul cotylédon sur l'embryon, qui évoluera en donnant une préfeuille. Cette classe est homogène également par un grand nombre de caractères morphologiques adultes.
La racine principale avorte spontanément pour être remplacée par une racine adventive de type fasciculée : c'est pourquoi les monocotylédones sont rarement parasites (En effet, chez un parasite les racines suçoirs sont formées à partir de la racine principale ; or celle-ci avorte spontanément.).
La tige chez les monocotylédones est souvent herbacée, la structure toujours de type primaire, avec jamais de formations de structure secondaire. La solidité des tiges provient :
- des faisceaux de fibres criblo-vasculaires en cercle plus nombreux et plus serrés.
- du développement de beaucoup de sclérenchyme et d'autres fibres. Le sclérenchyme est issu du parenchyme médullaire.
Et en général, anatomiquement ce sont des herbes même si leur aspect paraît ligneux (ex. le Palmier) .
Les feuilles sont simples parallélinerves, non pétiolées, mais avec une base foliaire engainante très développée.
L'appareil reproducteur est typiquement trimère.
Le périanthe est souvent peu différencié avec un calice et une corolle de même aspect ou de même couleur : c'est la notion de tépale (ex. chez la Tulipe).
Ce sont des fleurs ni aussi évoluées, ni aussi archaïques que celles des dicotylédones : quelques caractères sont acquis dans l'ensemble des monocotylédones : cyclisation, ...
On compte 5 sous-classes qui appartiennent aux monocotylédones :
- Alismatidées
- Arécacées
- Liliidées
- Commélinidées
- Zingibéridéees
Les plus anciennes sont les alismatidées et arecacées.
Les liliidées sont apparus tôt mais ils sont très développés, et constituent un tronc central.
Les commelinidées, plus évolués, ont divergé vers l'anémophilie.
Les zingibéridées, également évolués, sont particulièrement présentes dans les régions chaudes et ont des fleurs zygomorphes.
Sans intérêt pour la pharmacie, ce sont principalement des plantes aquatiques ( vivant dans de l'eau douce ou de mer, dans des étangs, des marais, canaux,...) et constituent une part des herbiers des littoraux. Il est à noter que ces plantes sont généralement le témoin d'une bonne qualité de l'air et des littoraux.
Une plante intéressante sur le plan botanique est la Sagittaire, plante de marais dans nos régions et qui présente un polymorphisme foliaire, avec des feuilles de forme différente selon qu'elles sont:
- immergées dans l'eau : elles sont de forme longue et flottante.
- à la surface de l'eau : arrondies et flottant en surface.
- à l'extérieur de l'eau : les feuilles sont alors sagittées.
L'étude se limitera à deux familles caractéristiques et intéressantes : les arécacées et aracées. (NB : Il ne faut pas confondre araceae, arecaceae, éricacées, aceraceae,...)
C'est une famille importante, notamment économiquement.
On recense 4000 espèces. Le palmier permet de donner une bonne idée de la famille.
Appareil végétatif :
Le port paraît être ligneux, mais l'anatomie est différente de celle d'un arbre :
- Il n'y a pas de formation secondaire.
- Le nombre de faisceaux criblo-vasculaires est multiplié.
- On observe une intense lignification du sclérenchyme (d'où une structure très dure).
Le tronc porte le nom de stipe. Sa croissance provient de la chute des feuilles du sommet, qui laissent une écaille ligneuse qui perdure toute la vie de la plante. A la différence d'un arbre, le diamètre augmente le long du stipe (Le stipe présente l'aspect d'un cône à l'envers). La croissance de celui-ci est lente.
Les feuilles, qui sont en perpétuel renouvellement, avec un entre-nœud court, poussent en bouquet au niveau terminal à partir du méristème terminal.
Quelques espèces de cette famille sont des lianes à feuillage alterne.
Les feuilles sont toujours très grandes : elles sont pennées et palminerves. A l'origine, elles sont simples, mais elles vont se déchirer au niveau du limbe entre les nervures, d'où l'aspect composé.
L'importance des fibres est considérable : celles-ci assurent pour la plante une certaine rigidité ; on les utilise pour le rembourrage, le cordage ...
Appareil reproducteur
L'inflorescence se développe toujours très lentement.
Certains palmiers ont des fleurs qui se développent régulièrement sous le bouquet de feuille. D'autres palmiers ne fleurissent qu'une fois dans leur vie ; l'inflorescence se développe à la partie terminale (par différenciation du méristème), et une fois fructifiée, l'individu disparaît. On qualifie ces espèces de monocarpiennes : elles n'ont qu'une seule fructification (et non nécessairement un fruit).
L'inflorescence est un épi caractéristique qui est nommé spadice. L'axe de l'épi est parfois très lignifié (comme dans le cas de la datte) ; ce spadice possède une bractée à la base, la spathe, très développée qui joue le rôle d'un cornet qui protège.
Les fleurs sont petites, régulières en épi, avec des bractéoles à la base.
Ces fleurs sont unisexuées, disposées à la même inflorescence ; les fleurs sont étagées et monoïques, avec souvent en haut les fleurs mâles et en bas les fleurs femelles.
La trimérie domine, avec :
- 2 cercles de 3 pièces au niveau du périanthe indifférencié, c'est-à-dire 6 tépales.
- 2 x 3 étamines ou 3 carpelles.
Les pièces florales sont soit soudées, soit libres (Chez les monocotylédones, le phénomène de concrescence n'est pas toujours bien distribué dans une sous-classe).
Les trois carpelles ne contiennent qu'un seul ovule chacun. Le développement de l'un des ovules inhibera la fécondation et le développement d'autres ovules des deux autres carpelles.
L'anémophilie est relativement fréquente comme mode de dissémination chez les palmiers.
Le fruit, toujours uniséminé, est charnu : baie (ex. la datte) ou drupe.
Certains fruits ont un aspect sec.
La noix de coco est un fruit dont l'albumen est nucléaire, avec une partie liquide (le lait) et une partie solide en périphérique. L'embryon est minuscule.
Intérêts :
- L'intérêt est d'abord économique, avec l'utilisation des graisses contenues au niveau de l'albumen de fruit de certains palmiers.
- si cette graisse est solide, on obtient le coprah qui est extrêmement utilisé, car très saturé et donc stable, donc peu cher : c'est la margarine.
- Cette graisse peut être employée comme détergent, par simple réaction de saponification de ces graisses.
- L'intérêt de cette famille peut être alimentaire :
Citons :
- le palmier-dattier, du genre Phoenix.
- le chou-palmiste, qui correspond à un bourgeon de palmier peu développé.
- Le sagou, qui est le nom d'une fécule extrait de la moelle de certains palmiers et qui est riche en amidon.
- On note un usage médicinal de quelques espèces :
Ainsi l'Areca fournit la noix d'Arec, qui entre dans de nombreuses pharmacopées indigènes car riche en tanin, en polysaccharide et qui contient un alcaloïde anthelmintique.
- Enfin on note un usage de certaines espèces pour l'obtention de fibres :
- le rotin est une fibre du stipe de palmiers du genre Calamus.
- Le raphia est dérivé des fibres de la feuille.
Cette famille est construite autour de Arum, genre indigène et exotique, présent dans la flore locale.
Le port rencontré dans cette famille est :
- soit herbacé, comme l'Arum maculatum.
- soit la liane, comme le Philodendron.
Ce sont des plantes de milieu humide, ayant souvent un rhizome ou un tubercule charnu (riche en amidon). On peut consommer alors le tubercule d'Arum en cas de disette, mais si celui ci contient des saponosides.
Le feuillage est très particulier, avec une nervation complexe et variable entre espèces de cette famille : cette nervation est généralement palmée à la base.
Les fleurs sont organisées selon un spadice à axe charnu épais. Une bractée appelée spathe, très développée et partant de la base, recouvre les fleurs qui sont étagées, minuscules et unisexuées/polygames. Ce spathe peut avoir la forme d'une urne qui piège alors les insectes pollinisateurs.
Ainsi les fleurs du sommet du spadice peuvent être mâles, celles plus au centre sont hermaphrodites et celles à la base, femelles.
On note la présence d'un appareil sécréteur de type laticifère vrai. Ces plantes sont souvent riches en saponosides (substances souvent irritantes).
Quelques espèces intéressantes :
L'
Arum maculatum ou Pied-de-Veau est une herbe locale qui pousse dans les fossés. Le fruit de couleur orangé, charnu ( appétant pour des enfants ) et petit est toxique, provoquant des nausées.
Le
Dieffenbachia, plante d'appartement, présente un intérêt ornemental du fait de ses feuilles panachées. On l'appelle également la "plante qui rend muet", car ses feuilles sont riches en oxalate de calcium et sont irritantes, provoquant des oedèmes dans la région du larynx et des voies respiratoires supérieures.
En Amazonie, le
Dieffenbachia seguine est utilisé par quelques populations locales comme poison de flèche.
Cette sous-classe regroupe des plantes évoluées, qui ont pris le choix de l'anémophilie comme moyen de dissémination.
Cette famille est bâtie autour du pâturin, du genre Poa.
On recense plus de 6000 espèces sauvages naturelles, avec certaines qui sont tellement domestiquées que leur variété sauvage a disparu.
[Ainsi, contrairement au blé, orge ou d'autres céréales, la graminée sauvage ancêtre du maïs n'a jamais été trouvée avec certitude dans la nature. Les chercheurs soupçonnent cependant la domestication de la téosinte, du genre Euclania d'avoir donné naissance au maïs actuel, par mutation et sélection anthropique.] Sciences & avenir, 650, avril 2001.
Quelques remarques :
- C'est une famille relativement jeune car beaucoup de genres comptent beaucoup d'espèces. Ainsi le genre Poa, particulièrement pléthorique regroupe 800 espèces.
- Les plantes cultivées présentent de très nombreuses variétés pour une même espèce.
Géographiquement, c'est une famille cosmopolite, poussant sous tous les climats et qui recouvre de larges espaces : les savanes, prairies, steppes, la taïga ou encore la toundra sont autant d'écosystèmes majeurs où les graminées constituent l'essentielle de la végétation herbacée.
Ce sont des plantes annuelles ou vivaces ; cette famille est composée uniquement d'herbes, SAUF la tribu des bambous.
Appareil végétatif :
La racine est assez typique des monocotylédones, donc fasciculée ; la tige se développe au niveau du collet très tôt. La technique du "roulage" crée des microlésions et des ramifications fréquentes, favorisant la multiplication végétative de la plante.
La tige, appelée la "chaume", est une succession d'entre-nœuds creux et de nœuds pleins.
Les feuilles ont une base foliaire très développée. Cette base entoure la tige en cornet plus ou moins fendu et s'étale sur toute la longueur de l'entre-noeud, le limbe s'individualisant au nœud suivant.
Le pétiole est absent (sauf chez les bambous).
Le limbe est linéaire, parallélinerve et rubané.
Situé entre la base foliaire et le limbe, la ligule est un ensemble de poils translucides.
Appareil reproducteur :
L'inflorescence est une composition d'épis souvent petits.
L'inflorescence de base est l'épillet regroupé souvent en épi (L'épi d'epillet est appelé panicule d'épillet), en grappe (ex. l'avoine) ou en cyme.
L'épillet (souvent triflore) présente toujours à sa base deux bractées qui l'axilent. Ces bractées portent le nom de glume.
Chaque fleur est axilée par deux glumelles. Le périanthe, souvent d'aspect scarieux, est appelé glumellule.
L'androcée est organisé selon deux ou trois verticilles de trois étamines, qui sont souvent apifixes ou médifixes. La trimérie initiale demeure.
Le gynécée est réduit à un ovaire uniloculaire surmonté de deux stigmates plumeux (pour retenir le pollen). Dans cette unique loge n'est dénombrée qu'un seul ovule anatrope. (Chez le bambou, trois stigmates surmontent l'ovaire. Le fruit est une baie ou un nucule.)
Pour la pollinisation, l'anémophilie est la règle chez les graminées sauvages. Pour les espèces cultivées, l'autofécondation est prépondérante, du fait de sélections, améliorations agronomiques, ...
Les espèces de graminées cultivées sont améliorées par formation d'hybride. Par exemple pour améliorer du maïs qui a des fleurs unisexuées, la rangée de pieds mâles est plantée en parallèle aux pieds femelles, favorisant l'hybridation à même le champ.
Les fleurs mâles sont à l'extrémité de la tige, les fleurs femelles sont situées à l'aisselle des feuilles ; les longs stigmates donnent un aspect pubescent à l'épi (Chaque " fil " ou stigmate au sommet de l'épi est relié à un grain.).
Le fruit est un akène particulier, appelé caryopse. Il résulte de la transformation du gynécée.
Dans le caryopse, la paroi correspond au péricarpe sec du fruit. A l'intérieur, le blanc est l'albumen. Il n'y a pas de paroi entre l'albumen et le péricarpe, car celle-ci a été digérée par l'albumen.
Le caryopse n'est ni un fruit, ni une graine : les deux sont confondus par l'absence de paroi entre les deux, c'est un grain.
L'embryon, cependant présent, est dit extraire, car tassé sur la paroi du péricarpe, rejeté sur le côté.
L'albumen est amylacé et souvent riche en protéines. Par exemple, pour le blé, le gluten est le terme recouvrant l'ensemble des protéines dans l'albumen. On compte toujours en faible proportion des lipides.
Lors de la germination des grains, la première racine et l'embryon de la tige sont enfermés dans une gaine : c'est le coléoptile pour la tige et le coléorhize pour la racine, qui disparaissent rapidement. De nombreuses expériences en biologie végétale les utilisent pour l'étude des hormones de croissance végétales.
Classification interne :
Cette famille comprend les trois premières plantes en tonnage : le blé, le riz et le maïs. Ces espèces sont cultivées depuis des millénaires, ont permis la naissance de l'agriculture et ont marqué chacune des civilisations. De nos jours près de deux mille variétés de blé sont recensées par exemple, obtenus essentiellement par hybridation.
Le blé dur correspond à des variétés dont le grain est riche en gluten (utilisé pour fabriquer des pâtes, de la semoule,...).
Le blé tendre correspond à des variétés dont les grains sont riches en amidon et pauvres en gluten, qui sont panifiables et fermentescibles.
Toutes les céréales quasiment appartiennent à cette famille : mil, avoine, orge,...
Le maïs, originaire de l'Amérique centrale, a été importé lors de la découverte de l'Amérique au XVème siècle. C'est une plante annuelle dont on a raccourci (par sélection,... ) la germination.
La canne à sucre évolue dans les pays chauds ; son parenchyme médullaire ou moelle, très riche en saccharose n'est pas creux. Cette plante possède un cycle en C4, son métabolisme est donc facilité.
L'herbe est à la base des produits carnés et lactés.
Le bambou est utilisé pour la fabrication d'échafaudage, car ces plantes poussent aussi facilement que rapidement. Sans intérêt alimentaire, sa particularité botanique reste le fait que le bambou soit monocarpien : il ne fleurit qu'une fois et dégénère ensuite.
Il s'agit d'une sous-classe regroupant des espèces évoluées, entomophiles. Ce sont en général des herbes, de taille variable (parfois grands, comme le bananier).
Souvent le périanthe est différencié, la zygomorphie est fréquente : ces caractères favorisent l'entomophilie.
On rencontre fréquemment des rhizomes et des bulbes, qui sont alors riches en amidon. Les graines sont également souvent amylacées.
Présentation de quelques genres :
- Canna (Cannacées) :
Il s'agit d'une plante ornementale ; le style et l'ensemble des étamines sont pétaloïdes (très vivement colorés, mais restant fertiles.
Le fruit est une capsule à graine extrêmement dure.
L'intérêt est uniquement horticole.
- Zingiber (Zingibéracées) :
C'est le genre du Gingembre, dont la partie charnue est utilisée pour ses vertus aromatiques.
La fleur a son androcée composé d'une seule étamine.
L'aspect très segmenté du rhizome est dû à la croissance sympodique du rhizome (avec un segment par an environ).
- Musa (Musacées) :
C'est le genre du bananier ou
Musa musa, qui est une grande herbe. Le genre et l'adjectif qualificatif sont identiques, ce qui est rare dans la systématique dans le monde végétal mais courant chez les animaux.
Cette plante rhizomateuse, qui pousse à raison d'une gaine par an qui s'emboîte avec le précédent pour former un tube. A l'extrémité sort un axe floral portant un épi de grande taille en tube. Charnu, le fruit est une baie. Le développement du fruit peut se faire sans fécondation chez les variétés cultivées : c'est le phénomène de parthénocarpie.
Le bananier, du fait de la présence de rhizome, peut subir une multiplication végétative.
- Bromelia (Broméliacées) :
C'est le genre de l'Ananas, qui appartient à la famille des broméliacées.
C'est une plante de pays sec et chaud. Les feuilles sont en rosette dentées épineuses. L'épi de fleurs après la fécondation va entièrement se souder : ainsi le gynécée, l'axe de l'inflorescence et l'axe des fleurs sont soudés, formant l'ananas.
Le méristème à la partie terminale de la grappe fabrique quelques feuilles (en rosette).
Les broméliacées sont souvent épiphytes (une espèce épiphyte n'est pas forcément parasite. Epiphyte se réfère au support sur lequel évolue la plante, parasite à son mode de nutrition), c'est à dire qu'elles poussent accrochées aux arbres, ce qui suppose une adaptation racinaire.
C'est le taxon central des monocotylédones qui renferme les familles les plus typiques et les plus classiques.
Pour l'ensemble de la sous-classe :
- le périanthe est indifférencié avec des tépales (avec même forme des sépales et des pétales).
- La graine est en général sans amidon.
Nous limiterons notre étude à deux grandes familles :
- les liliacées
- les orchidacées
Généralités :
Cette famille comporte 4000 espèces ; c'est une famille importante, ancienne, cosmopolite. Ce sont des plantes herbacées à souche vivace (plantes qui persistent d'une année sur l'autre grâce à ses parties souterraines) :
- bulbe
- rhizome
- ou encore tubercule
Peu de plantes sont annuelles (c'est à dire ayant un cycle de vie d'une année).
Appareil végétatif :
Il faut noter l'importance des systèmes radiculaires fasciculés et de la présence de racines adventives. Les chromosomes de certains méristèmes des liliacées sont très grands, fournissant un matériel de choix pour des études expérimentales.
La feuille est souvent considérée comme une feuille type des monocotylédones : allongée, parallélinerve, parfois en tube cylindrique (avec une soudure des bords).
Cette soudure peut même se faire au niveau de la gaine foliaire, comme chez le Poireau.
Parfois le feuillage est charnu, chez les plantes xérophytiques qui se sont adaptées à des régions très sèches se rapprochant de climat désertique.
Les stomates sont disposés sur les deux faces de la feuille.
Chimiquement, les réserves glucidiques correspondent à de l'amidon ou à de l'inuline (assez rare). Ces plantes peuvent contenir des alcaloïdes, support d'une toxicité, et des hétérosides saponosides.
Appareil reproducteur :
L'inflorescence est indéfinie, avec des grappes et même souvent des épis, ou alors une inflorescence solitaire (cf. la tulipe,...).
Les fleurs sont régulières, trimères et pentacycliques, avec une formule florale de type :
(3+3)T (3+3)E 3C
L'androcée est diplostémone.
L'ovaire est soudé, formant un ovaire à placentation axile, triloculaire et supère.
Le fruit est une capsule ou une baie, qui peut être appétant (et potentiellement toxique !).
La graine a un albumen développé, sans amidon mais avec de la cellulose comme réserve nutritive.
Intérêt et classification interne :
On divise les liliacées en trois sous-familles :
- Colchicoïdées : ce sont les colchiques et plantes apparentées.
- Le fruit est une capsule à déhiscence septicide.
- Lilioïdées : qui comprend le lis ou lys.
- Le fruit est une capsule de déhiscence loculicide.
- Sous-famille de l'asperge (du genre Asparagus).
- Le fruit est une baie.
- Colchique et apparentées :
La colchique du genre Colchicum a une croissance décalée dans le temps : la fleur apparaît en automne, totalement nue. Elle naît d'un bulbe ; la partie assimilatrice apparaît à un moment différent, par exemple pendant le printemps.
On extrait du bulbe un alcaloïde poison du fuseau mitotique, la colchicine. On l'utilise comme médicament de la goutte (Citons Colchimax® comme spécialité.), car permettant de combattre la manifestation inflammatoire en général selon un mécanisme inconnu.
Dans cette sous-classe, on peut citer le Vératre (Veratrum album), plante vénéneuse qui pousse dans des lieux humides et montagneux dans la même loge écologique que la Gentiane. Ceci est à l'origine d'intoxications chez les gens produisant leur liqueur maison de gentiane... La placentation ALTERNE, la fleur TRIMERE et BLANCHE/VERDATRE sont autant de caractères singularisant le vératre.
- Lys et apparentées :
Appartiennent à cette sous-famille l'ail, le muscari, la jacinthe, la tulipe, l'aloe...
Plantes ornementales : citons :
- la tulipe, du genre Tulipa
- la jacinthe
- le muscari, qui est gamotépale
- le sceau-de-Salomon ou Polygonatum odoratum
Plantes à intérêt alimentaire :
Le poireau, oignon, ail, ciboulette, échalotte ; ce dernier appartient, comme l'ail, au même genre Alium, qui est assez riche en hétéroside soufré.
Certaines modes de consommation s'avèrent dangereuses : le poireau doit être cuit pour détruire et éliminer le HCN des hétérosides cyanogènes ; l'oignon en excès entraîne des maladies subchroniques comme une anémie hémolytique par action sur la thyroïde ; le bulbe est riche en hétérosides potentiellement toxiques pour le tube digestif.
Plantes à intérêt médicinal :
La principale est l'Aloe, qui est crassulescente avec des épines et un aspect charnu. On l'utilise en cosmétologie pour sa richesse en tanin.
- Asperge et apparentés :
Le fruit est charnu ; ces plantes n'ont pas de bulbe, mais sont parfois tubérisées cependant. Citons :
- le Muguet, qui contient des hétérosides cardiotoxiques (avec possibilité d'intoxication).
- La Scille, plante employée comme raticide.
- L'Asperge, dont on consomme la jeune tige et dont les fruits sont toxiques.
- Le Petit-houx qui est un arbuste, qui présente des cladodes. La dureté provient du sclérenchyme.
- La Salsepareille, du genre Smilax, qui est une liane exotique à fleur unisexuée ; cette plante est toxique, sauf pour les schtroumphs qui en consomment.
Dans des familles proches aux liliacées, on trouve l'Iris (qui a un ovaire infère) et l'Amaryllis (fleur zygomorphe ; l'androcée est isostémone).
Cette grande famille contient 15 000 à 20 000 espèces : les orchidées ; cosmopolites, on retrouve ses représentants surtout dans les zones de forêts subtropicales. Souvent ces plantes sont épiphytes.
Ce sont des plantes à port herbacé et toujours vivaces. Les orchidées sont toujours discrètes dans la flore, disséminées dans l'environnement malgré leurs variétés.
On rencontre :
- des plantes terrestres souvent tubérisées.
- des plantes terrestres, saprophytes, qui vivent aux dépens de cadavres ou de végétaux en décomposition. Le saprophytisme s'accompagne d'une adaptation à cette biologie et à ce mode alimentaire, avec par exemple une perte de l'assimilation chlorophyllienne, un axe non vert et un appareil reproducteur.
- des plantes épiphytes, c'est-à-dire qui poussent dans les arbres, sans être parasites. Ces plantes poussent alors dans une atmosphère hautement humide ; elles possèdent des racines aériennes qui développe un voile spongieux, le velamen, qui leur permet de fixer la vapeur d'eau.
Appareil végétatif :
La graine est quasi exalbuminée, ce qui est dû à l'absence partielle ou totale de développement de l'albumen. La double fécondation a lieu, mais le premier noyau de l'albumen ne se développe pas ou très peu.
Les orchidacées ont tous créés une symbiose très étroite avec un champignon du genre Rhizoctonia, qui aide à l'élévation de la pression osmotique dans la graine, pour permettre le développement de l'embryon pendant la germination, compensant ainsi l'absence de réserve.
Egalement chez tous les représentants de cette famille, la racine primaire avorte et une racine fasciculée se développe.
La tige est souvent une liane ou alors elle est courte.
Appareil reproducteur :
L'inflorescence, latérale ou terminale, est toujours une grappe qui peut être variable, soit de grande taille, soit contractée et formant un épi.
La fleur est trimère ; on observe une torsion de 180° sur son axe avec les pièces ventrales qui se retrouvent en position dorsale et les pièces dorsales, en position ventrale (Cette torsion peut être facilement mise en évidence au niveau des faisceaux transporteurs de sève.) : la fleur est dite résupinée.
Normalement le périanthe présente six pièces ; or :
- trois sépales et deux pétales se soudent et forment le casque.
- la sixième pièce, un pétale, est très développée et trilobée : c'est le labelle.
Les étamines et les carpelles sont soudés en un seul bloc pour constituer un gynostème.
L'ovaire est infère et uniloculaire, à trois placentas pariétaux (trace ancestrale des trois carpelles). Au-dessus de l'ovaire, se trouve l'androcée ; le nombre d'étamine permet une classification dans cette grande famille.
L'androcée présente plusieurs possibilités évolutives :
- soit deux cycles d'étamine : l'androcée est diplostémone.
- soit il y a une réduction :
- Deux étamines sont fertiles assorties d'une staminode, souvent très modifiée. Ces plantes appartiennent au groupe des
diandrées.
- Une seule étamine est fertile, accolée au stigmate : ce sont les
monandrées.
Une étamine d'orchidée contient du pollen non pulvérulant, très aggloméré naturellement en pollinie. Une pollinie est donc un ensemble de grains de pollens agglomérés.
La pollinisation est spécifique :
- soit entomophile, avec un mimétisme souvent très poussé entre le périanthe et l'espèce qui assure la pollinisation.
- soit ornithophile, par de petits oiseaux généralement.
Le fruit est une capsule ; ce fruit sec contient des graines très petites à embryon minuscule et à albumen non développé. Certaines orchidées ont une graine de 2
mg ( 500 000 graines dans un gramme !).
L'intérêt des orchidées est uniquement ornemental.
Quelques exemples :
- Exemple de monandrée : la Vanille.
La vanille (Vanilla planifolia) est une orchidée originaire d'Amérique, avec un insecte pollinisateur pour permettre le développement d'un fruit aromatique, une gousse (ce terme est impropre car cette gousse ne présente que deux fentes de déhiscence). Cette pollinisation est entomophile obligatoirement. Cette liane fut introduite au Madagascar, où la fleur ne peut être fécondée naturellement. Le vanillier est donc pollinisé par la main de l'homme, ce qui explique le coût élevé de la gousse.
- Exemple de diandrée : le sabot-de-Vénus, représentant tropical de cette sous-famille souvent utilisée à des fins ornementales.