accueil  >  revues  >  Encéphalopathies Spongiformes Subaiguës Transmissibles
 


Introduction aux Encéphalopathies Spongiformes Subaiguës Transmissibles

Auteur : Dr. Joëlle CHABRY - IPMC, CNRS UMR 6097, Sophia Antipolis, France.


V. Conversion de la PrP cellulaire en isoforme pathologique.

V.1.a. Mécanismes cellulaires de la conversion : apport du modèle des neuroblastomes murins chroniquement infectés.

Le modèle de cellules chroniquement infectées le plus communément utilisé au laboratoire a été établi en 1987 par Richard Race et collaborateurs (Race et al., 1987). Des neuroblastomes murins ont été incubés en présence de broyat de cerveaux de souris infectées par la souche RML. Après plusieurs passages successifs des cellules, des tests d'immuno-détection ont révélé la présence de PrPc et de PrPsc. Bien que la PrPsc ne soit pas détectable dans le milieu de culture de ces cellules, les essais d'infectivité chez l'animal ont montré que celui n'en demeure pas moins infectieux, de même qu'un broyat cellulaire. À la suite de ces travaux, d'autres modèles cellulaires chroniquement infectés par diverses souches murines et ovines, ont été établis (Bosque and Prusiner, 2000); (Nishida et al., 2000 ; Vilette et al., 2001). En dépit de nombreuses tentatives, jamais aucune lignée cellulaire infectée avec des agents d'ESST humaines n'a été obtenue.

L'établissement de ces neuroblastomes chroniquement infectés a permis une première sélection rapide de molécules "anti-prion". Une grande variété de substances ont ainsi fait preuve de propriétés curatives, citons par exemple :

- le rouge Congo et ses dérivés (Caughey and Race, 1992 ; Demaimay et al., 2000),
- les polyanions sulfatés (Caughey and Raymond, 1993),
- les antibiotiques polyèniques comme l'amphotéricine B
(Mange et al., 2000b)
- la filipine (Marella et al., 2002),
- les dérivés porphyriques (Caughey et al., 1998b)
- la quinacrine (Doh-Ura et al., 2000).

La quasi-totalité de ces composés s'est révélée partiellement ou totalement inefficace lors d'essais thérapeutiques chez l'animal (Collins et al., 2002 ; Priola et al., 2000 ; Demaimay et al., 1997).

Des neuroblastomes hautement sensibles à l'infection ont également été utilisés afin de mesurer le titre infectieux d'un échantillon. Cette technique supplante peu à peu les mesures d'infectivité réalisées par injections icv de dilutions de matériel à des souris témoins (bio-essais). Récemment adaptée à l'automatisation, la mesure de l'infectivité in cellulo est fiable, sensible, rapide et peu onéreuse (Klohn et al., 2003).


page précédente - Introduction aux Encéphalopathies Spongiformes Subaiguës Transmissibles - page suivante
haut de page




Cours de biologie  |  Articles de revue  |  Études  |  Offres d'emplois  |  Pense-bête  |  Sélection de livres  |  Nouveautés livres  |  Liens  |  Forum

© 123bio.net - Tous droits réservés.