11 - Mutations qui activent de manière constitutive un récepteur :
111 - Mutations artificielles introduites par mutagenèse dirigée.
112 - Modélisation de l'interaction Ligand-Récepteur-Protéine-G :
L'observation d'une activité constitutive, après introduction d'une mutation ponctuelle, a suggéré que le récepteur naturel pouvait exister sous deux états, en équilibre. En l'absence d'agoniste, le récepteur est contraint par des liaisons intramoléculaires non covalentes, à adopter un état inactif (R) où les régions intracellulaires ne peuvent activer les protéines-G L'ajout d'agoniste entraîne un changement de conformation où les contraintes précédentes sont relâchées, ce qui permet l'adoption d'un état actif (R*) qui active les protéines-G. Ceci a permis d'étendre le "modèle du complexe ternaire" (
Figure 2a) qui ne prend en compte que le récepteur (R), la protéine-G (G) et l'agoniste (H) (De Lean et Coll., 1980) au "modèle allostérique" (
Figure 2b) qui introduit le concept d'un équilibre entre R et R* (Pour revue : Lefkowitz et coll., 1993).
Ainsi, en l'absence d'agoniste, la position de l'équilibre entre R et R* définit un niveau basal d'activité de couplage aux protéines-G ; niveau basal qui varie avec la proportion de récepteurs dans l'état actif R*. L'ajout d'un ligand à cet équilibre, déplace celui ci (
Figure 2c) : un agoniste aura plus d'affinité pour la forme R* et augmentera le rapport R*/R ; un antagoniste compétitif aura la même affinité pour R et R*, et ne modifiera pas le rapport R*/R. Ceci implique que le niveau basal d'activité d'un récepteur (défini par la position de l'équilibre entre R et R*) va varier avec son taux d'expression : si l'on augmente le taux d'expression d'un récepteur dans un système cellulaire, le niveau basal d'activité augmentera puisque la portion (le nombre global) de récepteurs sous la forme R* augmente d'autant. Cette prédiction a été vérifiée, par exemple, dans le cas d'une mutation activant le récepteur bêta2-adrénergique (Samama et coll., 1993).
Le modèle allostérique, permet aussi l'intégration des composés qualifiés d' "
agonistes inverses" (
ou "antagonistes négatifs"), c'est à dire des composés qui, par définition, entraînent une inhibition de l'activité basale d'un récepteur, en l'absence d'agoniste. Selon ce modèle (
Figure 2c), les agonistes inverses présentent une meilleure affinité pour l'état R, ce qui diminue la proportion des récepteurs dans l'état R* (le rapport R*/R diminue) et conduit à un plus faible couplage aux protéines-G (Leeb-Lundberg et coll., 1994).
113 - Récepteurs non mutés présentant une activité constitutive.
114 - Mutations activantes retrouvées spontanément in vivo.