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La neurotensine : un peptide modèle pour l'étude de la neurotransmission

Auteur : Dr. Nicole ZSÜRGER

CNRS UPR 411. Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire. Sophia Antipolis, France.

II - Dégradation de la neurotensine :

Comme la plupart des peptides impliqués dans la neurotransmission, la neurotensine est soumise à une inactivation protéolytique efficace qui met fin très rapidement à la transmission du message. Protégée des activités aminopeptidasiques par le groupement pyroGlutamate, la neurotensine n'est soumise qu'à l'attaque d'endopeptidases et de carboxypeptidases. La figure 4 présente toutes les enzymes impliquées dans les différentes coupures primaires : on peut voir qu'elles n'interviennent qu'au niveau du segment 8-13 qui porte l'essentiel de l'activité biologique, et sont donc inactivantes (Figure 4). Bien sūr, selon les tissus, plusieurs profils d'inactivation de la NT ont été décrits, correspondant à des équipements enzymatiques différents.

Seule l'endopeptidase 24-16 qui réalise une coupure Pro10-Tyr11 est exprimée de manière ubiquitaire (Checler et al., 1988). Ce sont d'ailleurs les études réalisées sur l'inactivation de la neurotensine qui ont permis de caractériser, purifier (Checler, et al., 1986b) et cloner (Dauch et al., 1995) cette activité enzymatique originale.

Des expériences de double marquage immunologique réalisées sur des cultures de neurones corticaux, striataux et hypothalamiques ont ensuite permis de confirmer l'implication majeure de cette peptidase dans le métabolisme de la NT : 90 % des cellules qui possédent un site d'action du peptide, c'est-à-dire qui expriment le récepteur de haute affinité de la NT, expriment également l'endopeptidase 24-16 (Chabry et al., 1990). En revanche, les activités carboxypeptidasiques ne semblent intervenir que dans les tissus périphériques (Checler et al., 1988).

Les coupures secondaires font intervenir de nombreuses peptidases, différentes selon les cellules étudiées. La seule constante est la formation de Tyr11 libre à partir de la NT11-13 par des activités aminopeptidasiques (Checler et al., 1988).

On peut noter que la NN libérée en même temps que la NT est dégradée beaucoup plus rapidement : son extrémité amino-terminale n'étant pas protégée, elle est rapidement inactivée par des amino-peptidases (Barelli et al., 1993; Vincent et al., 1994).

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