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La neurotensine : un peptide modèle pour l'étude de la neurotransmission

Auteur : Dr. Nicole ZSÜRGER

CNRS UPR 411. Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire. Sophia Antipolis, France.

Deuxième partie : Présentation des récepteurs de la neurotensine :

La caractérisation des récepteurs de la neurotensine a commencé par des expériences de liaison ligand-récepteur. L'utilisation d'un analogue tritié de la neurotensine, la 3H-NT, structurellement identique au peptide natif et de faible radioactivité spécifique (60 Ci/mmol), a permis de mettre en évidence, dans des membranes synaptiques de cerveau de rat, un site de liaison présentant une constante de dissociation de l'ordre de quelques nM et une capacité fixatrice d'une centaine de fmol/mg de protéines (Kitabgi et al., 1977; Uhl et al., 1977).

Une deuxième étape a été franchie avec la réalisation de dérivés monoiodés purs de haute radioactivité spécifique (2 000 Ci/mmol). La 125I-Trp11-NT (Mazella et al., 1983) et la 125I-Tyr11-NT (Sadoul et al., 1984b; Sadoul et al., 1984c) ont permis de mettre en évidence dans des membranes de cerveau de rat et de cerveau humain une deuxième famille de sites de liaison, de plus haute affinité (0,1 à 0,3 nM) et de plus faible capacité fixatrice. Des résultats similaires ont été obtenus dans le tractus digestif (Ahmad et al., 1987; Kitabgi et al., 1984).

Ces deux familles de sites diffèrent par un certain nombre de propriétés pharmacologiques. On notera en particulier que la liaison au site de basse affinité (NTR2) est peu sensible au Na+, insensible au GTP (Mazella et al., 1987) et déplacée par la lévocabastine, un antihistaminique H1 (Schotte et al., 1986) alors que la liaison au site de haute affinité (NTR1) est inhibée par le Na+ (Kitabgi et al., 1984) et le GTP (Bozou et al., 1986) et insensible à la lévocabastine (Schotte et al., 1986).

Ces récepteurs ainsi identifiés sur la base de leur propriétés pharmacologiques ont ensuite été clonés ; le NTR1 à partir d'une banque d'ADNc de cerveau de rat par la technique d'expression dans l'ovocyte de xénope (Tanaka et al., 1990), puis le NTR2 par homologie avec la séquence du NTR1 (Chalon et al., 1996; Mazella et al., 1996). Ces deux récepteurs appartiennent à la super-famille des récepteurs à sept domaines transmembranaires. Comme cela avait déjà été montré par des techniques de marquage covalent (Mazella et al., 1985), leur masse molaire est d'environ 50 kDa.

L'existence d'un troisième sous-type de récepteur (NTR3) est apparue au cours d'expériences de purification de l'activité de liaison de la NT. La solubilisation par le détergent CHAPS a permis de mettre en évidence l'existence d'un récepteur de plus haut poids moléculaire (100 kDa) (Mazella et al., 1988). La purification et le séquençage de l'extrémité amino-terminale de ce récepteur chez l'homme (Zsurger et al., 1994) a permis de révéler son identité avec la gp95/sortiline (Mazella et al., 1998). Il s'agit d'une protéine à un seul domaine transmembranaire déjà clonée chez l'homme sur la base de sa reconnaissance par la "receptor associated protein" (RAP) (Petersen et al., 1997), une protéine endoplasmique impliquée dans l'adressage des récepteurs de la famille des récepteurs LDL (low density lipoprotein).

Cet exposé abordera tour à tout les différents sous-types de récepteurs de la neurotensine :

        I - Le récepteur de la neurotensine de sous-type 1 : NTR1

        II - Le récepteur de la neurotensine de sous-type 2 : NTR2

        III - Le récepteur de la neurotensine de sous-type 3 : NTR3

        IV - Existe t'il d'autres sous-types de récepteurs ?

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