4. Conclusion et Discussion :
Un premier aperçu des journaux qui rendent compte de ce sujet nous donne déjà une idée de la force responsable du développement de la recherche dans ce domaine. Le côté appliqué de ces enzymes semble être de grand intérêt tant économique comme environnemental. Le fait que les animaux d’élevage monogastrique ne sont pas capables d’utiliser le phytate, provenant des céréales utilisés dans sa nourriture, comme source de phosphore, implique la nécessité d’introduire du phosphore inorganique comme additif supplémentaire.
Les déchets de ces animaux sont donc très riches en phosphore, et quand ceux-ci sont utilisés comme engrais, l’excès de phosphates pollue les sources d’eau présentes dans la nature. Puisque le phosphate est un nutriment limitant pour la reproduction de microbes, la présence de phosphore dans ces sources d’eau mène à l’eutrophysation.
Eutrophysation : Accumulation graduelle des débrits organiques dans les eaux stagnantes, due à l’activité métabolique des organismes qui l’habitent, provoquant la prolifération excessive de végétaux aquatiques et l’appauvrisement en oxygène des eaux profondes.
Ce phénomène entraîne une surpopulation de cyanobactéries, suivie d’une hypoxie et de la mort des poissons ainsi que d’autres animaux aquatiques. L’augmentation de la production des animaux d’élevage aux Etats-Unis, par exemple, est impliquée dans la mort de poissons en grande quantité au niveau de la baie de Chesapeake, ainsi que l’apparition des marées rouges dans le Golfe du Mexique
(12).
Afin de résoudre ces problèmes, la compréhension du fonctionnement des phytases tant au niveau de leur spécificité du substrat que de leur structure tridimensionnelle ; ainsi que la caractérisation de leurs caractéristiques biochimiques et biophysiques ; permettra peut-être de les améliorer par génie génétique, selon certaines orientations (augmentation de la thermostabilité et de l’activité catalytique...).
L’étude de ce type d’enzymes, afin de comprendre le raisonnement de la nature, devient un sujet passionnant ; pourtant il ne faut jamais oublier que la recherche de la pierre philosophale, entreprise seulement pour le plaisir de la trouver, n’est pas suffisante pour satisfaire la faim de ceux qui ne pourront jamais la voir...