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Mécanismes de la signalisation médiée par les récepteurs couplés aux protéines-G.
Auteur : Dr. Philippe SARRET - CNRS UPR 411 - Sophia Antipolis, France.
Institut et Hôpital Neurologique de Montréal, Université McGill - Montréal, Québec, Canada.
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IV-26 Implication du nts2 dans l'effet analgésique de la neurotensine :
Article X :
Dubuc I., Sarret P., Labbé-Jullié C., Botto J-M., Honoré E., Bourdel E., Martinez J., Costentin J., Vincent J-P., Kitabgi P. and Mazella J. (1999a). Identification of the receptor subtype involved in the analgesic effect of neurotensin. J. Neurosci. 19, 503-510.
Dans le système nerveux central, la NT exerce des effets pharmacologiques variés et complexes comme l'hypothermie (Bissette et al., 1976) et l'analgésie non inhibée par la naloxone (al-Rhodan et al., 1991). Nous avons recherché l'implication possible du nts2 dans la régulation de ces fonctions physiologiques (article X). En tenant compte des données pharmacologiques, il était, en effet, difficile d'envisager que le récepteur de haute affinité à la NT, NTS1 (dont le rôle modulateur dans la transmission dopaminergique est maintenant établi puisse médier ces effets : (1) L'antagoniste non peptidique SR48692, qui présente une bonne affinité pour le NTS1 (IC50 = 5 nM) et une très mauvaise affinité pour le nts2 (IC50 = 250 nM) (article V), est incapable de bloquer l'analgésie et l'hypothermie provoquées par la NT (Dubuc et al., 1994 - Pugsley et al., 1995). (2) De même, l'antagoniste de deuxième génération, le SR142948A qui reconnaît avec une affinité similaire (IC50 = 1-4 nM) les récepteurs NTS1 et nts2 bloque les propriétés nociceptives et hypothermiantes de la NT (Gully et al., 1997). (3) A l'inverse, la D-(Trp11)-NT ainsi que certains analogues pseudo-peptidiques de la NT, effecteurs puissants de l'analgésie et de l'hypothermie, présentent une meilleure affinité pour le nts2 que pour le NTS1 (Labbé-Jullié et al., 1994). (4) La localisation du nts2 au niveau de régions cérébrales importantes pour l'analgésie (PAG, noyaux réticulés gigantocellulaires, noyaux paragigantocellulaires et noyaux du raphé magnus) et l'hypothermie (noyaux hypothalamiques) constitue également un argument supplémentaire (article VIII - Walker et al., 1998).
En collaboration avec le Dr. Isabelle Dubuc (CNRS UA 1969, Rouen), nous avons donc regardé les répercutions de l'inhibition de l'expression du nts2 par la stratégie oligonucléotides antisens (As) sur l'analgésie et l'hypothermie induites par la NT (article X). Chez la souris adulte, l'injection intracérébroventriculaire (i.c.v.) de deux oligonucléotides antisens différents spécifiques du nts2 induit une diminution significative du taux d'ARNm et de la quantité de protéines correspondante. Ainsi, dans les cerveaux de souris traitées par les As, on observe une diminution de 40 à 50 % du nombre de sites de liaison de basse affinité (ce nombre étant calculé par la différence entre la capacité fixatrice maximale de la NT iodée en l'absence et en présence de lévocabastine). Cet effet est spécifique puisque les niveaux d'expression du NTS1 ne sont pas affectés et les oligonucléotides contrôles (sens et aléatoirement mélangés) sont inefficaces. En parallèle, nous avons pu mettre en évidence, par la technique d'hybridation in situ, une diminution de 10 à 50 % (en fonction des régions considérées) de la quantité relative des ARNm du nts2. L'utilisation de ces oligonucléotides As, in vitro, sur les cellules CHO transfectées de manière stable par le nts2 induit également une baisse du nombre de récepteurs de basse affinité, confirmant les résultats obtenus in vivo.
Cette baisse de l'expression du nts2 est corrélée à une diminution de la puissance analgésique de la NT. Le test utilisé pour cette étude est la mesure du nombre de crampes induites par injection intrapéritonéale d'acide acétique dilué après administration i.c.v. de NT. Chez les souris non traitées par les As, la NT, par son action analgésique, entraîne une diminution du nombre de crampes. Par contre, l'effet analgésiant de la NT est fortement réduit chez les souris traitées.
La spécificité de cet effet a été vérifiée en montrant l'incapacité des oligonucléotides dirigés contre le nts2 à inhiber l'activité locomotrice induite par la NT. Cette fonction attribuée au NTS1 est analysée en observant le comportement rotatoire de la souris. Dans le même temps, nous avons regardé que les oligonucléotides As spécifiques du NTS1 étaient d'une part capables de bloquer l'activité locomotrice des souris traitées et d'autre part incapables de bloquer les effets analgésiants de la NT.
Les relations structure-activité indiquent également une bonne corrélation entre la puissance analgésique des analogues de la NT et leur affinité pour le nts2. L'existence d'agonistes sélectifs pour ce récepteur tel que le Boc-[Y11-12]NT(8-13) ouvre la voie au développement d'une nouvelle famille d'analgésiques non opioïdes.
Les résultats rapportés par une autre équipe identifient le NTS1 comme le récepteur responsable des effets analgésiants de la NT (Tyler et al., 1998b - Tyler et al., 1999). L'approche utilisée consiste à bloquer la synthèse des récepteurs NTS1 par l'injection, dans l'aire grise périaqueductale, d'acides nucléiques peptides antisens. Cependant, la petite taille (12-mer) de ces molécules pose le problème de la spécificité de reconnaissance du récepteur cible. En effet, la synthèse d'un autre récepteur de la NT pourrait également être diminuée par ces acides nucléiques peptides antisens.
En revanche, aucune relation n'a pu être faite entre le nts2 et l'hypothermie. En effet, l'action hypothermiante de la NT est comparable chez les souris traitées ou non. Il est donc envisageable qu'un récepteur de la NT distinct de ceux clonés à ce jour puisse médier cet effet physiologique. D'autre études semblent aller dans le même sens. En effet, la lévocabastine inhibe l'analgésie (test de la plaque chaude) mais pas l'hypothermie induite par la NT (Tyler et al., 1998a - Dubuc et al., 1999b). De même, la découverte de certains analogues permettant de discriminer les effets analgésiants et hypothermiants de la NT supporte cette hypothèse (Tyler et al., 1998c).
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