IV. Transduction et modulation du signal intracellulaire par les récepteurs D1 :
IV.C. Modulation des voies de signalisation intracellulaire par les récepteurs D1 :
IV.C.1. Les voies de signalisation "historiques"
IV.C.2. La dopamine et les canaux ioniques :
Plusieurs travaux publiés suggèrent que les récepteurs D1 sont capables de moduler l'activité des canaux potassiques dépendant du voltage. Les récepteurs D1 sont en effet capables d'augmenter la sortie de potassium dans des cellules de la rétine de poulet (Laitinen, 1993). Les taux d'AMPc ne semblent pas modifier ces flux de potassium, ce qui laisse penser que l'on a à faire à un mécanisme indirect qui ne passe pas par l'activation de l'adénylate cyclase. Des mécanismes plus complexes agissants par l'intermédiaire de la Protéine Kinase A (PKA) semblent aussi intervenir pour moduler les canaux potassiques toujours sans que l'implication des récepteurs D1 soit directe (Liu et al., 1992). Sur ce sujet, les résultats sont contradictoires puisque les agonistes des récepteurs D1 ont été montrés capables d'inhiber ces mêmes courants potassium dans les neurones de striatum de rat (Kitai et Surmeier, 1993).
L'injection d'ARNm de striatum de rat dans des ovocytes de xénope montre qu'en plus de l'activation de l'adénylate cyclase, un traitement à la dopamine entraîne une production d'inositol triphosphate et une mobilisation du calcium endogène (Mahan et al., 1990). Cependant les analyses de surexpression dans les ovocytes de xénope sont à prendre avec précaution. L'utilisation de ces cellules qui accumulent un nombre très important de molécule de signalisation pour assurer le développement de l'embryon tend naturellement à favoriser les interactions entre de très nombreuses voies de signalisation et à masquer une spécificité présente dans des cellules neuronales. Le problème principal des ovocytes de xénope est qu'ils contiennent une quantité énorme de canaux chlore. Donc, quelles que soient les voies de signalisation auxquelles les récepteurs exprimés dans l'ovocyte sont couplées, la réponse est en générale une augmentation de la perméabilité au chlore. Néanmoins, les récepteurs naturellement couplés à l'Inositol-3-Phosphate (IP3) sont extrêmement favorisés dans ce système d'expression. De plus, les interactions qui pourraient exister entre les récepteurs D1 et les canaux calciques sont très controversées. Les expressions des différents types de récepteurs dans des cellules COS-7, CHO ou BHK n'ont jamais permis de montrer une quelconque modification de l'activité de ces canaux (Dearry et al., 1990; Demchyshyn et al., 1995; Pedersen et al., 1994; Sugamori et al., 1994; Tiberi et al., 1991). L'ouverture des canaux calcium est pourtant observée dans des cellules GH4C1 (hypophyse de rat) dans lesquelles le récepteur D1 est exprimé (Liu et al., 1992). L'expression stable du récepteur D1A humain dans des cellules HEK 293 a aussi permis de mettre en évidence cette interaction avec les canaux calcium (Lin et al., 1995). Cette interaction dépend visiblement de l'accumulation d'AMPc et ne semble pas induire de modification dans l'hydrolyse des phosphoinositols.
Pour finir, dans des préparations de vésicules membranaires provenant de la bordure en brosse rénale, les agonistes D1 inhibent l'activité de l'échangeur Na+/H+ (Felder et al., 1993). Enfin, l'ATPase Na+/K+ dépendante semble aussi être régulée par les récepteurs D1 (Horiuchi et al., 1993) même si certaines expériences soulignent l'effet synergique des D1 et des D2 sur cette régulation (Bertorello et al., 1990).