Deuxième partie - Les récepteurs de la neurotensine couplés aux protéines-G :
B - Analyse comparative des données concernant les récepteurs NTSR1 et NTSR2 :
B3 - Clonage moléculaire des récepteurs de la neurotensine NTSR1 et NTSR2 :
- C'est en 1990 que le premier récepteur de la NT a été cloné par expression dans l'ovocyte de xénope à partir d'une banque d'ADN complémentaire (ADNc) de cerveau de
rat (rNTSR1) (Tanaka et al., 1990).
- L'homologue
humain du rNTSR1, le hNTSR1, a été cloné par expression à partir d'une banque d'ADNc de cellules issues d'un adénocarcinome de côlon humain, les cellules HT29 (Vita et al., 1993). Ces deux types d'ADNc (3,6 kb pour le rNTSR1 et 4 kb pour le hNTSR1) présentent 84 % d'homologie et codent pour des protéines de 424 et 418 résidus, respectivement (
Figure 11).
- Plus récemment, le récepteur de
souris mNTSR1 a été cloné à partir d'une banque d'ADNc de cerveau de souris (Genbank, G3551525).
Les gènes codant pour ces récepteurs de haute affinité sont localisés sur la bande H du chromosome 2 pour la souris et sur le bras long (20q13) du chromosome 20 pour l'homme (Laurent et al., 1994).
Par la suite, les récepteurs de plus basse affinité ont été clonés par homologie avec le NTSR1 (Figure 11) :
- Le NTSR2 de
souris (mNTSR2) présente un ADNc de 1,6 kb codant pour une protéine de 416 acides aminés (Mazella et al., 1996).
- Le NTSR2 de
rat (rNTSR2), cloné de la même manière, à partir d'une banque d'ADNc d'hypothalamus, code pour une protéine de 416 résidus possédant 95 % d'homologie avec le mNTSR2 et 43 % avec le rNTSR1 (Chalon et al., 1996).
- L'ADNc
humain, quant à lui, a été isolé en 1998, et code pour une protéine de 410 acides aminés (Vita et al., 1998). Le gène codant pour le mNTSR2 est localisé sur le chromosome 12 à 6 cM du centromère (Sun et al., 2001).
Au cours du clonage du NTSR2 de souris, Botto et al. ont obtenu un clone dont la séquence nucléique était identique au NTSR2 en 5' et en 3'. Cet ADNc de 1,3 kb présente une délétion de 181 nucléotides provoquant un changement de la phase de lecture et donc un arrêt de la traduction après le 5ème domaine transmembranaire. La protéine correspondante (282 acides aminés) résultant de l'expression transitoire de l'ADNc dans les cellules COS-7 ne présente pas de liaison détectable pour la neurotensine iodée (Botto et al., 1997).
Il existe de nombreux autres exemples dans la littérature de RCPG tronqués non fonctionnels (pour revue, Botto, 1997). Ling et al. ont récemment isolé deux variants des récepteurs de chimiokines CCR5 et CXCR4 présentant chacun cinq domaines transmembranaires (Ling et al., 1999). L'expression stable des ADNc codant pour ces variants dans les cellules rénales HEK293 révèle que les protéines correspondantes sont présentes au niveau de la surface cellulaire. Ces deux variants se comportent comme leurs homologues à sept domaines transmembranaires. En effet, ils sont tous les deux capables de lier leur ligand au niveau de la surface cellulaire et de transmettre un signal à l'intérieur du cytoplasme de la cellule (couplage aux protéines-G, mobilisation du calcium intracellulaire). Comme les récepteurs sauvages, ces récepteurs variants sont internalisés en présence de chimiokines (Ling et al., 1999).
Ces données suggèrent par conséquent que la structure minimale à cinq domaines transmembranaires pourrait être suffisante pour former un RCPG fonctionnel.