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Les mécanismes moléculaires de la perception olfactive.

Auteur : Dr. Valéry MATARAZZO - CNRS UPR 9024 - Laboratoire de Neurobiologie - Marseille, France.

Adresse actuelle : Johns Hopkins Medical Institute - Department of Neurosciences, Baltimore, MD, USA -


B : Mécanismes moléculaires de la réception des molécules odorantes :

B1. Les premières théories :

On peut considérer que la perception olfactive repose sur deux principales fonctions : la discrimination et l'identification des signaux olfactifs. La discrimination peut être définie comme la capacité à distinguer, dans un environnement chimique complexe, les signaux entre eux. L'identification étant la faculté à reconnaître ces signaux tout en les comparant aux informations mémorisées. Au niveau périphérique, les premières étapes de cette perception olfactive mettent en jeu la muqueuse olfactive. Avant la découverte des mécanismes moléculaires sous-jacents, plusieurs théories ont été proposées pour expliquer, au niveau de la muqueuse, la réception des molécules odorantes :

    Mozell (1970) avait fondé sa théorie sur une analogie entre la discrimination olfactive et le fonctionnement d'un appareil de chromatographie. Selon lui, la discrimination dépendait de la facilité selon laquelle chaque molécule odorante pouvait migrer à travers le mucus. Les molécules odorantes n'ayant pas toutes les mêmes propriétés de diffusion et de solubilté dans un milieu aqueux, il a présumé pour chacune d'entre elles des différences spatio-temporelles tout au long de la traversée du mucus. Ces différents profils pourraient être à la base d'un mécanisme de discrimination olfactive.

    Wright (1977) défendait, quant à la reconnaissance olfactive, une théorie vibrationnelle, tandis que Amoore (1971) défendait une théorie stéréochimique. Selon la théorie de Wright, il existerait une corrélation entre la réponse olfactive d'une molécule et son spectre d'absorption en lumière infrarouge (Wright, 1972; Wright et Robson, 1969; Wright et al., 1967).

      Figure 8
    Selon Amoore, il existerait plutôt un lien entre l'odeur et la structure d'une molécule odorante (Amoore, 1971). En testant plus de 600 odorants, il avait réussit à établir une liste de 7 odeurs "primaires": camphrée, piquante, éthérée, florale, mentholée, musquée et putride. Tous les odorants d'une même catégorie présentant une configuration moléculaire commune, aussi Amoore proposa 7 types de récepteurs (Amoore et al., 1964) (Figure 8).

Mais cette classification établie dans les années 1960 était bien trop réductrice pour qu'elle soit conservée. Les odorants sont de nos jours classés soit en fonction de leur propriété chimique, soit, par le Comité Français du Parfum, en fonction de leur note olfactive. Quant à la perception, la découverte d'une grande famille multigénique codant pour des récepteurs à sept domaines transmembranaires a rapproché l'olfaction des autres domaines de la communication cellulaire (Buck et Axel, 1991). Il n'en reste pas moins vrai qu'aucun lien concret n'existe aujourd'hui entre la classification des odorants et celle des récepteurs.
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