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Les mécanismes moléculaires de la perception olfactive.

Auteur : Dr. Valéry MATARAZZO - CNRS UPR 9024 - Laboratoire de Neurobiologie - Marseille, France.

Adresse actuelle : Johns Hopkins Medical Institute - Department of Neurosciences, Baltimore, MD, USA -


B : Mécanismes moléculaires de la réception des molécules odorantes :

B3.3.3. Expression et fonctions dans les autres tissus

La prédiction de Linda Buck et de Richard Axel (1991) selon laquelle l'expression des ORs serait spécifique du tissu olfactif s'est avérée, par la suite, inexacte. En effet, d'autres auteurs ont détecté et vérifié par hybridation in situ la présence d'ARNm codant pour des ORs dans plusieurs autres tissus comme le bulbe olfactif (Singer et al., 1998), le cœur (Drutel et al., 1995), la rate et les cellules b du pancréas sécrétant l'insuline (Blache et al., 1998). Il a été aussi rapporté l'expression passagère d'un OR aux stades embryonnaires E2 à E6 dans la moelle épinière du poulet (Nef et Nef, 1997), mais aussi la présence d'un même OR dans trois tissus différents (Thomas et al., 1996). La fonction des ORs dans ces tissus reste inconnue.

L'expression des ORs en dehors de l'épithélium nasal devient d'autant plus mystérieuse dès lors qu'ils sont détectés en grand nombre dans les cellules germinales mâles. Par une découverte tout d'abord fortuite chez l'homme (Parmentier et al., 1992), il a été retrouvé des ORs exprimés tout au long de la spermatogenèse et jusqu'au stade du spermatozoïde mature, chez le chien (Vanderhaeghen et al., 1993), le rat (Walensky et al., 1995) et la souris (Vanderhaeghen et al., 1997). S'ils sont fonctionnels, il est tentant de spéculer qu'ils puissent jouer un rôle dans la maturation ou le chimiotactisme des spermatozoïdes (Vanderhaeghen et al., 1994). Le profil d'expression utilisant un anticorps dirigé contre un OR particulier, nommé DTMT, suggère une telle compatibilité (Vanderhaeghen et al., 1993). En tous cas, l'analogie entre les neurones olfactifs et les cellules spermatiques ne se limite pas à l'expression d'une même famille d'ORs. Les cellules spermatiques expriment des protéines impliquées dans la transduction du signal olfactif comme l'adénylate cyclase de type III (Gautier-Courteille et al., 1998), le canal ionique AMPc dépendant (Weyand et al., 1994), ainsi que l'isoenzyme de la kinase b-ARK et la b-arrestine impliquées dans les mécanismes de désensibilisation des récepteurs (Dawson et al., 1993).

Sur l'ensemble de ces données, deux propriétés fonctionnelles des ORs peuvent être soulignées : la chimioréception et le chimiotactisme (axonale ou cellulaire). Ces deux fonctions ne sont d'ailleurs peut-être pas indépendantes l'une de l'autre, même si nous ne comprenons pas encore aujourd'hui les bases moléculaires de ces processus.
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